Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans – Werner Herzog

    Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans – Werner Herzog

    bad3Je trouve qu’il y a dans ce Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans une belle liberté. Liberté avec le genre du polar (l’enquête qui avance par saccades et se résout comme par miracle lors d’une séquence hilarante), liberté dans la mise en scène (les plans sur les animaux mais aussi ce superbe plan-séquence où la caméra suit Cage passant à l’arrière de la maison pour arrêter un malfrat) mais aussi liberté dans le ton (l’humour assez incroyable de ce film qui se manifeste de diverses façons).

    La réussite de Bad Lieutenant tient dans cet équilibre constant qui ne vient jamais parasiter la fluidité du récit. On passe de scènes très sérieuses à d’autres quasiment grotesques (l’âme qui danse, excellent), lesquelles illustrent, finalement, très bien l’imprévisibilité du personnage, et donc du film. En fait, la première scène dans la prison immergée dans l’eau donne les clés à venir. Les deux policiers font les paris sur le temps qu’il restera avant que le prisonnier, coincé dans sa cage, ne se noiera. Et alors qu’on ne s’y attend pas, le personnage principal saute dans l’eau pour le sauver. Et tout de suite après, on a une scène où il agit d’une manière horrible (et ça ira de pire en pire jusqu’à cette séquence fabuleuse avec la grand-mère et son infirmière particulière).

    Dans une ville récemment ravagée par Katrina, Cage apparaît en fait comme un survivant. Son Magnum qui pend de sa ceinture n’est qu’un costume, qui masquerait son mal-être (l’une des scènes finales rappelle celle de La Nuit nous appartient). Pas étonnant qu’il préfère se réfugier dans la rêverie offerte par les drogues, condamné à jouer les mauvais flics (la scène répétée de sortie de boîte de nuit) pour survivre.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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    1 Commentaire

    1. 12 heures – Simon West | Critikall · 25 juillet 2013 Répondre

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