Blockbusters 2014 : séance de rattrapage

    Blockbusters 2014 : séance de rattrapage

    Retour sur quatre blockbusters qui ont, chacun à leur façon, marqué l’été 2014.

    X-Men-Days-of-Future-Past-02X-Men: Days of Future Past – Bryan Singer
    Le scénario de X-Men: Days of Future Past promettait de nous faire des nœuds au cerveau mais Bryan Singer parvient, malgré les voyages dans le temps, à rendre son récit extrêmement limpide. A l’image de son triangle amoureux (Charles Xavier, Magneto, Mystique), qui s’avère par ailleurs plus subtile qu’il n’y paraît. Si les questionnements du film étaient déjà présents et mieux exploités dans le précédent volet X-Men : Le Commencement, il serait idiot de bouder son plaisir ici. Surtout que le réalisateur d’Usual Suspects s’amuse beaucoup derrière la caméra. On pense bien sûr à cette séquence fameuse où Quicksilver (Vif-Argent) fait le tour d’une salle pour éliminer tous les soldats dans un plan-séquence à 360° incroyable. Et sur la fin, quand Magneto se sert d’un stade comme d’un bouclier, difficile de reprocher au film de ne pas remplir son cahier des charges. Surtout que les allusions à l’histoire demeurent savoureuses (notamment sur l’assassinat de JFK, qui continue d’hanter le cinéma américain) et que la reconstitution de la fin des années 70 est de qualité. Sans avoir la fraîcheur de son prédécesseur, ce Days of Future Past rappelle que la saga X-Men est aussi l’une des meilleures séries de films nous parlant de super-héros.

    TRANSFORMERS: AGE OF EXTINCTIONTransformers 4 : l’âge de l’extinction – Michael Bay
    On poursuit avec le moins bon des quatre. Qui est aussi est le moins bon des Transformers. Car c’est celui où la mise en scène de Michael Bay se révèle la moins intéressante, si tant est qu’elle est jamais pu l’être dans cette série. Disons qu’il y avait parfois quelques plans qui émergeaient du fatras imaginé par le réalisateur. Et qu’il n’était pas interdit d’y ressentir un certain fun. Là on sent que Michael Bay lui-même n’y croit plus vraiment, qu’il a fait le tour du sujet avec les trois premiers volets. Le réalisateur avait d’ailleurs manifesté l’envie de passer à autre chose avant de finalement rempiler. Alors qu’on apprend qu’il a récemment annoncé qu’il ne réaliserait pas le cinquième volet (s’y tiendra-t-il cette fois-ci ?). Bref, dans ce quatrième épisode, on sent bien que Michael Bay n’y est plus. Il radote même son cinéma, en nous refaisant le coup d’Armageddon avec le trio père-fille-petit ami. Surtout sa mise en scène semble en total pilote automatique. Si elle n’a jamais été très inspirée, c’est encore plus flagrant ici. Et il faut voir de quelle manière l’arrivée des Dinobots apparaît finalement comme un non-événement. Transformers 4 tourne alors à vide et s’achève dans une dernière partie épuisante, pas loin d’être insupportable, tant l’ensemble se révèle être une succession de séquences, de situations et de blagues vues et revues. Consternant de banalité.

    la-planète-des-singes-l-affrontement-01La Planète des singes : l’affrontement – Matt Reeves
    Avec Edge of Tomorrow, c’est peut-être le blockbuster de l’année. C’est assez réjouissant de voir que le film qui parle le mieux du conflit israélo-palestinien, on le doit à une grosse production hollywoodienne. Tout commence ainsi par une histoire de territoire. Soit des survivants, immunisés contre un virus ayant dévasté une bonne partie de l’humanité, qui veulent traverser le territoire des singes pour relancer un barrage hydroélectrique afin d’alimenter leur ville. En position de force, César et les siens hésitent à aider les humains, en leur donnant la possibilité de se fortifier. Bon, on ne va pas tout raconter mais la suite, que l’on sait inéluctable, montre bien combien les conflits peuvent éclater suite à un événement a priori anecdotique. Qu’ils peuvent aussi être l’acte d’un seul homme, pour aboutir sur des conséquences dramatiques. Le film évite ainsi tout manichéisme et est très malin quand il tend à inverser les rôles (le singe qui joue à faire le singe). La Planète des singes : l’affrontement révèle aussi définitivement le talent de Matt Reeves dont la mise en scène, toute en subtilité, parvient à faire jaillir l’émotion quand on ne s’y attend pas forcément. On pense à la scène géniale où un jeune garçon montre la bande-dessinée Black Hole de Charles Burns à un orang-outan. Mais aussi cette magnifique séquence où César retrouve un vieux caméscope dans lequel il apparaît avec son ancien maître (on pense forcément à Cloverfield, du même Matt Reeves, et ses scènes de bonheur qui venaient s’intercaler dans le récit enregistré du film). Tout ça pour dire que La Planète des singes : l’affrontement dépasse de loin son simple statut de blockbuster.

    XXX GUARDIANS-GALAXY-MOV-JY-0704.JPG A ENTLes Gardiens de la Galaxie – James Gunn
    Ce film est la confirmation que les productions Marvel se montrent de plus en plus légères par rapport aux productions DC Comics nettement plus lourdes. Il suffit de voir Chris Pratt danser sur une planète abandonnée (l’écran titre de l’année ?) avec un casque de baladeur sur les oreilles et chanter, en se servant d’une drôle de bestiole comme d’un micro, pour comprendre que Les Gardiens de la Galaxie ne se prend pas au sérieux. Alors bien sûr, on pourra regretter de ne pas retrouver de double lecture au film mais c’est finalement dans sa simplicité et la linéarité de son récit que le film de James Gunn trouve sa force. Cela permet surtout de mettre l’accent sur les personnages dont la réunion et l’amitié, qui finit par se créer, représentent l’intérêt majeur. Il faut dire que chacun d’eux bénéficient d’une belle écriture (même si Gamora et Drax sont un peu plus en retrait). Mais de Star-Lord à Rocket Raccoon (qui doit beaucoup au talent de Bradley Cooper) en passant par Groot, la galerie de personnages a une sacrée gueule. L’alchimie entre les personnages fonctionne alors à merveille et atteint son paroxysme lors de la scène où ils tentent d’établir un plan pour affronter le grand méchant qui, sans être raté, n’a que peu d’intérêt. Les blagues fusent et la séquence, hilarante, passe tout doucement à l’émotion, avant de repartir de plus belle via une dernière réplique bien sentie. C’est aussi cette capacité à passer du premier ou second degré qui rend Les Gardiens de la Galaxie si réussi.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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