De la guerre – Bertrand Bonello

    De la guerre – Bertrand Bonello

    18869643De la guerre est une œuvre étrange et envoûtante. Alors qu’il a malencontreusement passé une nuit dans un cercueil (lors d’une scène très drôle), Bertrand se rend compte qu’il a vécu un moment sublime, un état extatique qu’il aimerait retrouver mais à l’air libre. Entraîné par Guillaume Depardieu (personnage abstrait, à la fois omniprésent et absent, sorte d’ange gardien), Bertrand se retrouve dans une secte où il espère trouver le bonheur.

    Tout le film va porter sur cette quête utopique, ne s’attardant pas sur une espèce de critique de la secte. Cette simplicité du récit est le point fort de De la guerre, qui ne lâche jamais son personnage. Excluant, comme le fera Bertrand, les autres protagonistes qui voudraient l’éloigner de sa bataille. Car s’il s’agit bien de guerre, c’est d’un combat intérieur dont il est question ici. Un ordre militaire, oui, mais non belliqueux, lui répondra d’ailleurs Depardieu alors qu’Amalric (très bon, comme d’habitude) s’inquiète de la hiérarchie à l’intérieur de la communauté. Il est question de lieutenant, de général, certes, mais c’est le colonel Kurtz qui sommeille en chacun des membres, auquel Bertrand livre une guerre dans une séquence brillante qui reprend à sa façon Apocalypse Now (l’apparition de Piccoli, génial). Elle rappelle aussi par certains aspects Tropical Malady voire La Plage.

    Ce combat intérieur se manifeste de multiples façons pour les membres de la communauté : exercices divers, musique et danse. S’il ne fallait retenir qu’une scène du film, ce serait sans doute celle de la danse où la communauté entre dans une transe éblouissante. Une scène hypnotique et très importante pour le personnage qui commence à voir les choses différemment. Une scène très belle, pleine d’espoir.

    De la guerre fait beaucoup penser aux Anges Exterminateurs de Brisseau. Ce dernier partait en quête du plaisir féminin qu’il voulait filmer. Bonello, lui, cherche le bonheur. Chez les deux, on retrouve la même mise en abyme. La même candeur aussi mais également la même lucidité face à la condition humaine.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

    • facebook
    • google
    • twitter

    Défendez votre point de vue