De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites – Paul Newman

    De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites – Paul Newman

    19495339.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxSi tout le monde se souviendra de Paul Newman comme acteur. Très peu de gens savent qu’il a aussi été réalisateur. Et même un très bon comme le prouve ce magnifique film, au titre non moins magnifique, De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites. Un long métrage datant de 1973, ressorti au cinéma quelques jours avant le décès de l’éternel Paul Newman.

    Ce long métrage raconte l’histoire d’une mère qui élève seule ses deux filles. Bien que mort, le père n’est pourtant jamais totalement absent. Il est aussi présent derrière la caméra (Paul Newman, donc) et semble découvrir ses filles grandir sous yeux. La dernière partie, absolument sublime. De l’influence des rayons gamma sur le comportement des margueites est d’abord le portrait d’une mère (d’une épouse ?) à la personnalité insaisissable. Loin d’être la maman modèle, elle rattrape son comportement par son sens de la phrase et un humour pince-sans-rire d’une grande intelligence. Dès lors, on ne comprend pas vraiment pourquoi son voisin (vraisemblablement célibataire), ne répond pas à ses avances. Tout simplement parce qu’il en sait plus que le spectateur.

    Car derrière ce qui n’est qu’une façade, ce cache aussi une part de folie (on pense à Une femme sous influence, de John Cassavetes, réalisé deux ans plus tard), mais surtout une rancœur vis à vis du monde et d’une ville dont elle ne parvient pas à s’extirper. D’une maison (où les morts défilent) où elle reste enfermée, le journal des petites annonces dans une main, la cigarette ou la bouteille dans l’autre (voire la scène où sa fille se met en scène dans la peau de sa mère). Un monde désagréable comme elle dit. Et c’est là où son personnage commence à devenir totalement antipathique, haïssable et indéfendable. Incapable de montrer à sa fille la fierté qu’elle lui porte, dans une scène pourtant bouleversante. Il faut voir d’ailleurs comme cette séquence de remise de prix est le parfait contre happy-end qu’on a depuis l’habitude de voir.

    Et puis, il y a cette petite fille qui doit tant bien que mal s’élever à la vie. D’un courage remarquable, elle explique devant le public de l’école sa démarche scientifique. Elle termine en déclarant que l’influence radioactive sur des marguerites peut donner quelque chose de beau. On a quitté l’enceinte de l’école mais la voix (maintenant off) de l’enfant continue, prenant conscience de sa propre existence et en somme du miracle de la vie. Cette jeune fille, à qui sa mère a fait subir l’humiliation (et bien pire encore) fait preuve d’une force et d’une maturité poignante, avant de répondre à sa mère que non, elle ne trouve pas le monde désagréable.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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    1 Commentaire

    1. Les Bienfaits de la colère, de Mike Bender « the art is on fire · 27 novembre 2008 Répondre

      […] c’est presque évident tant ce film m’a fait penser à celui de Paul Newman, le sublime De l’influence des rayons gamma sur le comportement des maguerites. Abandonné par leur père, parti avec une secrétaire, quatre filles et leur mère se retrouvent […]

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