Eden Lake – James Watkins

    Eden Lake – James Watkins

    eden_lake12Eden Lake confirme, si c’était encore nécessaire, la bonne santé du cinéma d’horreur britannique, depuis le déjà culte The Descent.

    Avec ses airs de Delivrance, Eden Lake est avant tout un film de société. Un jeune couple, roulant en 4×4, décide de passer un week-end au bord d’un lac avant que ce dernier ne soit en partie détruit par la construction d’une villa de riches. Arrivé au bord de l’eau, le couple est très rapidement dérangé par un groupe de jeunes adolescents qui mettent la musique à fond.

    La réjouissance de retrouver un film de « forêt » est réelle et le réalisateur, James Watkins, s’en sort bien même s’il n’atteint jamais les plus grandes réussites du genre. Surtout, lorsqu’il copie Predator sur la fin. Non, là où le film fonctionne à merveille, c’est bien dans son rapport de classes. Ainsi, la confrontation entre les adultes et les enfants crée immédiatement un sentiment de malaise et de tension nettement plus fort que la chasse à l’homme, elle-même. Dès l’arrivée du couple dans le village finalement, il y a un sentiment d’insécurité liée à la différence entre ceux déjà présents et ceux qui en quelque sorte viennent les envahir. Une scène surtout vient donner une explication à la terreur à venir et donner un sens à la violence des gamins.

    Comme dans Les Chiens de paille, on retrouve ce rapport de forces entre les classes mais aussi une forme de montée en puissance de la violence où les personnages sont finalement obligés d’y passer. Cette violence l’est d’autant plus qu’elle vient s’attaquer à des enfants avant de finalement se retourner contre eux. Eden Lake fait peur parce qu’il est sans pitié mais il fait surtout froid dans le dos parce qu’il s’attaque à l’enfance et à sa perte d’innocence. Ou quand l’innocence devient « la meilleure défense de l’enfant« .

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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