Espion(s) – Nicolas Saada

    Espion(s) – Nicolas Saada

    aloneinthestreetC’est une déception. Je ne sais pas si j’en attendais trop, mais si l’on peut trouver quelques points communs avec Les Patriotes, on en est quand même loin (ne serait-ce que sur l’aspect politique) puisqu’on entend ici ou là qu’Espion(s) est le nouveau Les Patriotes. Certes, le film de Saada (au titre trompeur) n’a sans doute pas les mêmes ambitions que celui de Rochant mais même sur son terrain (film d’espionnage ? film d’amour ?), il peine à convaincre. On ne s’ennuie pas forcément (encore que le temps semble un peu plus long dans le dernier tiers) mais on reste bien sagement calé dans son fauteuil.

    Un plan résume à lui seul la banalité d’Espion(s). Il est tiré de Vertigo, d’Hitchcock (généreusement référencé tout au long du film). Le plan est quasiment identique, il s’agit de celui où Madeleine est assis face à un tableau dans un musée. Ici, on retrouve Géraldine Pailhas dans la même position, assis sur un banc similaire mais face à un autre tableau et dans un autre musée (on est à Londres). Seulement, dans le film de Saada, Pailhas a les cheveux longs qui lui tombent jusqu’à la moitié du dos. Il manque le chignon de Madeleine en forme de spirale, celle-là même qui donnait tout le vertige, toute l’ambiguïté au chef d’oeuvre d’Hitchcock. Là, les cheveux sont raides, lisses, à l’image du film, anecdotique, il faut bien le dire.

    C’est dommage parce que la mise en scène de Saada n’est pas inintéressante. Elle colle constamment au récit, sans jamais tomber dans la gratuité (chaque scène en amène une autre), cramponné à un premier degré constant et salvateur. Mais il manque une énergie à ce film. L’ensemble est trop sage, sans surprise. Pourtant, certaines choses auraient pu être davantages travaillés (le côté vain de l’histoire). Mais, là encore, il manque un souffle, une fièvre. Si l’on sent bien que le film d’espionnage est un prétexte à l’histoire d’amour entre les deux personnages (basée sur un mensonge, une confiance perdue…), jamais l’émotion ne survient. Ce qui ne permet pas de se sentir réellement impliqué par le destin des personnages.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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