Fast & Furious 7 – James Wan

    Fast & Furious 7 – James Wan

    Furious-7-02Si on m’avait dit un jour que j’aurais la gorge serrée au moment du générique final d’un épisode de Fast & Furious… Mais avant cela, ce septième épisode apparaît surtout comme un blockbuster décomplexé assumant totalement son côté gros beauf, peut-être même un peu trop par moment (les plans « string » ne manquent pas à l’appel). Mais quelle générosité ! Chaque nouvelle séquence semble avoir pour raison d’être de faire mieux que la précédente. Comprendre par là qu’on repousse les limites du réalisme dans un élan jubilatoire qui n’a d’autres horizons que de divertir son spectateur. Mission amplement réussie. Tout part d’une scène : celle où le fils de Brian (Paul Walker) jette une voiture par la vitre du monospace de ses parents alors que son père lui réplique que les voitures ne volent pas. Cette phrase sonne comme un défi pour le cinéaste et annonce la couleur à venir. Comme pour montrer que Brian n’est pas encore prêt à assumer son rôle de père de famille, James Wan va ainsi prendre un malin plaisir à le contredire.

    Un plaisir largement partagé, comme lorsque le réalisateur d’Insidious va faire « sauter » une voiture d’un building à un autre avant de répéter la scène dans la foulée au cas où le spectateur n’avait pas encore tout à fait compris qu’il s’agit ici de franchir toutes les barrières. Dans Fast & Furious 7, on est à peine surpris de voir les héros sauter d’un avion avec des voitures équipées de parachute, pour finalement aboutir à une course poursuite dantesque qui s’achève sur deux séquences hénaurmes. La première : Paul Walker sautant d’un bus prêt à s’écraser dans le vide, rattrapé in-extremis, non pas par la main de Michelle Rodriguez (too easy), mais par l’aileron arrière de sa voiture dans un ralenti évidemment too-much, et donc génial. La seconde : Acculé au bord d’un précipice, Vin Diesel se jette littéralement dans le vide avec sa voiture (renforcée mais quand même…) pour en ressortir indemne, like a boss. Jouissif. En fait, Fast & Furious 7 reprend les codes des films d’action actuels mais il le fait avec des voitures, ce qui la rend chose encore plus incroyable. Alors oui, c’est n’importe quoi mais il y a un tel désir et une telle conscience de proposer un spectacle grandiose qu’on est hilare devant de telles invraisemblables situations.

    Et puis, il y a la fin. Que l’on attendait au tournant car il était dit que l’équipe du film faisait ses adieux à Paul Walker. Un mot d’ailleurs sur les effets spéciaux qui ont permis de recréer le visage de l’acteur à partir de ceux de ses frères. Il faut véritablement scruter l’image (à part un plan, évident, mais le film ne s’en cache pas à ce moment-là) pour déceler les scènes où le défunt acteur a été ajouté numériquement. A l’heure où Debbouze fait revivre De Funès, il est impossible de ne pas penser au film Le Congrès d’Ari Folman dans lequel Robin Wright était numérisée dans le but d’être ensuite réutilisée dans d’autres films… Mais la fin, donc. Elle est simple et belle. La réalité rattrape ici la fiction. La scène, qui semblerait anodine partout ailleurs, forcée même, s’avère finalement très émouvante. Elle rend un bel hommage à Paul Walker et s’achève dans les grands et beaux yeux bleus de l’acteur.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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