Frangins malgré eux – Adam McKay

    Frangins malgré eux – Adam McKay

    19008828.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAvec un tel rythme de production, j’ai toujours un peu peur que les films estampillés Apatow se répètent. D’autant qu’ils cultivent plus ou moins le même thème (des adultes immatures), s’appuyant généralement sur la geekitude de leurs personnages (le masque de Star Wars, Guitar Hero…). Frangins malgré eux n’y échappe pas et continue même à creuser ce sillon, en poussant le bouchon encore plus loin. Et, une nouvelle fois, c’est une grande réussite.

    Avant toute chose, parce que le film est tout simplement drôle, souvent même. Frangins malgré eux multiplie les scènes hilarantes : la rencontre entre les deux grands enfants, sublime (ah cette séquence digne d’un western spaghetti, même découpage, même cadrage), les repas de famille, les entretiens d’embauche, la séquence hilarante où les demi-frères s’habillent en soldat nazi et en membre du Klu Klux Klan pour faire échouer la vente de leur maison ainsi que les scènes de somnambulismes, prodigieuses de grand n’importe quoi, à mourir de rire. Pourtant, ces dernières sont loin d’être anodines tant elles témoignent en quelque sorte du malaise des personnages, essayant tant bien que mal de se débattre dans des corps (d’enfants) qu’ils n’arrivent pas à quitter. Will Ferrell et John C. Reilly jouent d’ailleurs admirablement bien de leurs corps. Il faudra sans doute attendre la scène dans le générique (en parodie de films de baston et surtout des films de John Woo), pour enfin les sentir totalement libérés.

    Comme d’habitude dans les productions Apatow, l’évolution des personnages est toujours très bien traitée. Chaque scène n’a jamais rien de gratuit et semble constamment appeler la suivante jusqu’à un final, aussi attendu qu’efficace. La réussite vient également du fait que jamais les personnages ne renient ce qu’ils sont réellement. Ils évoluent, certes, mais ce qui les caractérisent devient finalement une force. Il faut voir comme ces derniers, en rentrant dans le moule, deviennent de véritables caricatures. Cet amour pour les personnages est décidément l’une des plus belles choses des films dits d’Apatow, et il faut saluer ici le travail du réalisateur Adam McKay. Frangins malgré eux rappelle au final beaucoup le film des Farrelly, l’immense Deux en un. Même final en musique, même besoin de s’en sortir dans le monde à deux.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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