Godzilla – Gareth Edwards

    Godzilla – Gareth Edwards

    Godzilla-02Monsters, le premier long-métrage de Gareth Edwards, est ce film qui fait de son manque de moyens une force. Dans ce dernier, le réalisateur s’y amuse ainsi à jouer à cache-cache avec les créatures extraterrestres, nous les dévoilant réellement qu’à travers une dernière séquence fabuleuse en forme de parade nuptiale. Ce que l’on retient également de Monsters, c’est la manière dont les monstres font partie du quotidien, des monstres qui ne semblent pas se soucier de la présence de l’Homme, et avec lesquels l’être humain doit cohabiter, comme il cohabite avec d’autres espèces animales.

    Avec Godzilla, Gareth Edwards se retrouve à la tête d’un budget confortable de 215 millions de dollars. Si le projet apparaît dès lors plus spectaculaire, le réalisateur britannique ménage néanmoins ses effets, et joue à nouveau au chat et à la souris en retardant dans un premier temps l’arrivée de Godzilla. Et comme dans Monsters, la créature légendaire se montre quasiment indifférente face à une humanité qui se révèle impuissante, et qui ne veut pas comprendre qu’elle n’a pas d’autres choix que de faire avec. Il est alors plaisant de voir que le film ne nous rejoue pas l’éternel combat entre l’Homme et le Monstre. Ici, l’être humain n’est qu’un spectateur, qui ne peut que se plier à la volonté de la Nature, et espérer que son Gardien (Godzilla) parvienne à la préserver. Edwards s’en sort brillamment quand il s’agit de souligner le rapport de force inégal, à travers une réalisation, qui sauve le film, et qui s’écarte d’une mise en scène hollywoodienne. A l’image de la scène de chute libre des militaires mais aussi lors des affrontements sourds des créatures, cachés dans les cendres des bâtiments qu’ils piétinent comme de vulgaires dominos.

    Si on peut s’en contenter, Godzilla est malheureusement gâché par un scénario qui vient brusquement nous rappeler qu’on est dans un film hollywoodien. Malgré une première partie  plutôt réussie, le film se vautre dans les clichés du genre et met en avant le trio magique des valeurs du blockbuster lambda : patriotisme, sacrifice, famille. Avec d’un côté, le haut gradé intraitable, qui n’est pas si méchant mais qui ne fait qu’obéir aux ordres. Et de l’autre, le scientifique qui a tout compris mais que personne ne veut écouter. Et on passe sur certaines séquences ridicules (le transport de la bombe par train) ou cet entêtement absurde des soldats à jeter des cailloux à une montagne. Dommage car quand Gareth Edwards ne filme que les monstres (la fin, très belle), Godzilla apparaît tout à fait recommandable.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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