Gravity – Alfonso Cuarón

    Gravity – Alfonso Cuarón

    GRAVITYOn pourrait reprocher à Gravity de ne pas avoir osé aller totalement au bout de sa proposition, d’avoir cédé à une multitude de rebondissements pour ne surtout pas perdre le spectateur. Mais Gravity assume pleinement son côté blockbuster. Et s’il apparaît comme un spectacle impressionnant, il s’avère être avant tout un pur film de cinéma, qu’il faut absolument voir en salles. Toutes proportions gardées, le long métrage n’est pas sans évoquer le « choc » reçu par les spectateurs lorsqu’ils ont vu pour la première fois les images de L’Arrivée d’un train en gare de la Ciotat des frères Lumière.

    D’ailleurs, en mettant en avant l’image, et rien que l’image, Gravity renvoie indéniablement à l’aube du cinéma. A sa manière, le film rend hommage à sa forme brute, il célèbre sa renaissance (y compris à travers le personnage de Sandra Bullock). Alfonso Cuarón efface le son et convoque le film muet (ce qui explique la place accordée à la musique que certains ont pu trouver trop envahissante, reproche qu’on ne ferait pas à de vieux films muets de l’époque). Surtout, il met en avant la toute puissance de la mise en scène. Le résultat laisse parfois bouche bée tant les plans-séquences se joue de l’échelle des plans avec une virtuosité et une liberté étonnantes.

    Film de mise scène, on pardonne à Gravity son scénario, néanmoins empli de bonnes idées. Comme dans Les Fils de l’homme, son précédent long métrage, le réalisateur fait preuve d’une belle humanité. Outre les plans récurrents tournés vers la Terre, on retiendra cette très belle scène où l’héroïne dialogue avec un inuit (un court métrage de sept minutes réalisé par Jonas Cuarón – le fils d’Alfonso et coscénariste de Gravity – raconte cette histoire). D’autres belles idées viennent également se matérialiser à l’écran. Celle de la maternité bien sûr, renforcée par toutes ses cordes comme autant de cordons ombilicaux. Mais aussi celle d’une héroïne qui n’a pas forcément la volonté de (sur)vivre, allant jusqu’à être reconnaissante de ce qu’elle vient d’expérimenter (ce qui fait d’ailleurs sa force car elle n’a pas peur de mourir). Tout ceci, le spectateur le comprend non pas grâce à la narration (réduite au minimum) mais bien grâce aux images.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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