The Immigrant – James Gray

    The Immigrant – James Gray

    6682082Ewa et sa sœur Magda sont aux portes de New York, à deux doigts d’embrasser le rêve américain et surtout d’échapper à la Grande Guerre en Pologne. Mais déjà quelque chose cloche à l’image, la Statue de la Liberté se distingue à peine dans l’épais brouillard, elle paraît irréelle. Et en effet, Magda est malade et doit rester à l’infirmerie pendant six mois sans l’assurance de ne pas être renvoyée chez elle ensuite. De son côté, Ewa est accusée d’être une femme de petite vertu. Et comme son oncle et sa tante ne sont pas là pour la récupérer (la douane affirme que leur adresse n’existe pas), elle est renvoyée chez elle. Mais heureusement, Bruno passe par là et, sous le charme de la jeune femme, décide de la prendre sous son aile.

    Après les tragédies (grecques) que sont The Yards, La Nuit nous appartient ou encore Two Lovers, James Gray nous propose un beau et sobre mélodrame avec The Immigrant. D’ailleurs, peut-être que son côté mélodramatique n’est pas assez appuyé, le film pouvant donner l’impression d’être trop sage, mineur dans la filmographie du cinéaste. Mais c’est justement son classicisme qui fait sa plus grande force. La narration de The Immigrant apparaît en effet limpide et finalement brillante dans sa manière d’exposer les enjeux qui se jouent (on ne s’ennuie pas une seconde). Néanmoins, les sentiments des personnages se révèlent plus complexes qu’il n’y paraît. Maquereau, Bruno semble dans un premier temps se servir d’Ewa. Alors que de son côté, Emil, un prestidigitateur lui aussi tombé sous le charme d’Ewa, se montre plus sincère. Mais chez Gray (grey ?), les protagonistes ne sont jamais tout noir ou tout blanc. Et ses héros sont avant tout des survivants. Ce qui les pousse parfois à réaliser des actions allant à l’encontre de leur morale. La beauté de ce film chrétien tient alors dans le conflit intérieur d’Ewa et finalement dans sa capacité à pardonner (la scène dans l’église, magnifique). Sans avoir besoin de forcer sur l’émotion, et en laissant finalement le spectateur sur une note d’espoir, The Immigrant s’achève sur un plan magistral. Peut-être le plus beau vu cette année au cinéma, et qui résume admirablement la (non) rencontre entre ces deux personnages (Ewa et Bruno). Si tout le long métrage n’est pas au niveau de ce plan, il n’en demeure pas moins un très beau film.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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