Independencia – Raya Martin

    Independencia – Raya Martin

    independencia-foto2-560x372Tout ce que je pouvais redouter de ce film a été immédiatement balayé tant la forme s’inscrit parfaitement avec son propos. Filmé en studio comme un vieux film hollywoodien, Independencia prend place alors que les États-Unis ont racheté les îles Philippines à l’Espagne. D’où ce noir et blanc ou encore ces décors peints en arrière fond pour recréer une jungle artificielle. Independencia ne se limite donc pas à convoquer l’histoire de son pays mais aussi celle du cinéma. Et les deux se mélangent, communiquent, agissant comme des miroirs d’une époque. A savoir, l’influence (presque écrasante) exotique hollywoodienne renvoie à celle de l’arrivée des américains dans le village. Même chose pour l’entracte, en forme de propagande publicitaire, qui sert d’ellipse au récit.

    La force d’Independencia, malgré son côté expérimental, est de raconter une histoire (sous la forme d’un conte) : juste avant l’arrivée des américains, une mère et son fils décident de s’échapper pour vivre dans la jungle. Raya Martin n’a recours qu’à une succession de plans fixes, en jouant, merveilleusement, avec les sorties et les entrées dans le champ. En jouant également avec son faux décor dont on devine le fond. Celui-ci se fait de plus en plus présent à force que la menace américaine se fait sentir. Pour un peu les personnages s’y cogneraient. On note aussi une utilisation remarquable des effets (tout est très pictural) – l’orage, la pellicule qui apparaît, le regard caméra – qui, à chaque fois, font sens avec ce qui nous est raconté.

    Independencia, le titre est explicite, est un film de résistant, envers et contre tous (les villageois dansent et chantent alors que les premiers tirs ennemis se font entendre). Un film qui finit par retrouver des couleurs…

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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