Insaisissables – Louis Leterrier

    Insaisissables – Louis Leterrier

    NOW YOU SEE MEQuatre magiciens sont réunis par une mystérieuse personne pour réaliser des shows exceptionnels qui prennent des allures de braquage à grande échelle. En réalité, et puisqu’on cesse de nous le répéter pendant tout le film, cela cache quelque chose de plus gros dont on ne saura finalement rien. Et c’est là où Insaisissables pose déjà un problème. Comment ces quatre personnes douées d’un véritable talent d’illusionniste en arrivent-ils à devenir des braqueurs de banque ? Et pourquoi ? On ne connaîtra rien des motivations des protagonistes, que l’on voudrait nous faire passer pour des Robin des Bois modernes, sans qu’on en ait réellement la certitude. Forcément, sans aucun background, les personnages en souffrent et ne reposent alors que sur le talent des acteurs dans des rôles sans surprise (le loquace Jesse Eisenberg ou le toujours un peu allumé Woody Harrelson).

    Certes, on sent bien la volonté de Louis Leterrier de proposer un pur divertissement mais pourquoi le faire au détriment des personnages ? Un reproche que l’on pourrait d’ailleurs faire à Pacific Rim, même si les deux films ne boxent clairement pas dans la même catégorie. Et puis, le problème ne vient malheureusement pas que des personnages puisque le scénario ne propose lui non plus rien d’intéressant à se mettre sous la dent. Si l’on comprend très vite que tout ce que l’on verra ne sera pas définitif, on finit par se lasser de ces faux-semblants, attendant poliment un ultime twist décevant et malhonnête. Attention, je n’ai rien contre les cinéastes qui manipulent leur spectateur, au contraire, mais il faut que cela débouche sur quelque chose. La manipulation pour le simple plaisir de manipuler, quel intérêt ?

    Résumons. Personnages absents, scénario foireux, qu’est-ce qu’il nous reste ? La mise en scène ? Raté. Pourtant, on sent bien que Leterrier tente d’imposer sa patte, lui qui semble condamné à réaliser des sous-blockbusters commandés par Hollywood (en même temps, lorsqu’on a commencé avec Luc Besson). On se doute qu’aucun projet ne se crée sur son seul nom mais que c’est lui qui vient se greffer sur un film, sans doute trop heureux de réaliser son rêve américain, quitte à n’être qu’une simple marionette. Pourtant, on sent ici qu’il voudrait essayer d’émerger de cette grosse machine reposant essentiellement sur son casting. Alors il fait tourner et tourner ad nauseam sa caméra autour des personnages, spécialement lors des shows qui reprennent maladroitement l’esthétique d’une émission télé digne d’America’s Got Talent. Pensant provoquer une quelconque ivresse, la mise en scène ne donne au mieux qu’un mal de crâne et échoue également  à rendre les scènes d’action spectaculaires (sans être spécialement déplorables). Bref, tout ça est quand même bien mauvais.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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