Iron Man 3 – Shane Black

    Iron Man 3 – Shane Black

    IRON MAN 3Même s’il y a eu beaucoup de choses à dire des blockbusters américains cette année, on ne peut pas dire que ces derniers aient brillé par leur scénario. Qu’il s’agisse de Man of Steel et ses passages obligés un peu lourds, ou Pacific Rim et ses personnages inexistants, mais aussi Elysium et ses méchants vraiment très méchants. C’est plutôt du côté de la mise en scène qu’il fallait alors se tourner (et tant mieux), celle totalement destructrice de Snyder ou celle hénaurme de Del Toro. Ce n’est évidemment pas un hasard si ceux qui s’en tirent le mieux parviennent à accorder le fond et la forme comme Star Trek Into Darkness et surtout After Earth. On pourrait presque y ajouter Iron Man 3, le meilleur épisode de la saga, même si, malgré quelques belles idées, celui-ci se repose avant tout sur son scénario, écrit par Shane Black (plus reconnu pour ses scénarios que pour ses réalisations).

    Bien qu’accessoire, il est presque conseillé d’avoir regardé The Avengers avant de mater cet Iron Man 3, qui se déroule donc après les événements du film de Joss Whedon. Dans ce troisième volet, on y retrouve en effet un Tony Stark hanté par l’invasion extraterrestre qu’il a dû affronter avec Hulk, Captain America et les autres. Ce traumatisme est au centre du film et pousse le héros à travailler jour et nuit pour perfectionner son jouet, à le rendre le plus parfait possible. Il finit par en perdre toute lucidité, et finalement à se perdre pour s’effacer derrière l’armure (voir la scène où il attend Gwyneth Paltrow dans le costume d’Iron Man). Tony Stark oublie en réalité qu’il est Iron Man et non l’inverse. Il multiplie alors les exosquelettes (comme autant de coquilles vides), qu’il peut maintenant commander à distance (la scène d’action finale, joli morceau de bravoure). Peu à peu, l’humain s’efface (se cache) derrière (dans) la machine. Et si la série a toujours eu une place à part dans les adaptations Marvel, c’est sans aucun doute parce qu’elle s’est à chaque fois intéressée à celui qui se cachait derrière le costume d’Iron Man, Robert Downey Jr. incarnant comme aucun autre super-héros son personnage.

    Mais cette obsession à se préparer d’une nouvelle attaque extraterrestre cache aussi une autre inquiétude, celle de ne plus avoir d’ennemi à affronter (que pourrait-il arriver de pire que l’immense scène d’action d’Avengers ?), renforçant par la même l’arrogance du personnage. Cette arrogance lui sera forcément préjudiciable (« On crée ses propres démons », entend-on à l’ouverture du film), même si elle reste indissociable et qu’elle participe à l’attachement pour ce personnage égocentrique et, en apparence, dénué de toute compassion (les scènes très drôles avec l’enfant). Cette nouvelle menace, qui prend la forme d’un terroriste génialement interprété par Ben Kinglsey, agira finalement comme un révélateur et lui permettra, in fine, de s’accepter (« I am Iron Man »). Ouf, la licence peut continuer…

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

    • facebook
    • google
    • twitter

    Défendez votre point de vue