John Wick – David Leitch et Chad Stahelski

    John Wick – David Leitch et Chad Stahelski

    john-wick-02Personne en 2014 n’a envie de voir un film d’action avec Keanu Reeves. Reformulons. Personne n’a envie de voir en 2014 un film avec Keanu Reeves, tout court. Surtout pas après 47 Ronin et Man of Tai Chi, tous deux sortis à quelques semaines d’intervalle en avril dernier, que l’on confond et que l’on a de toute façon déjà oublié. John Wick vient pourtant nous faire mentir. Il faut dire que, là aussi, on n’en attendait rien. Mais il se révèle être une excellente série B. Parce qu’elle ne cherche pas à être plus que ça (une série B, donc) mais aussi, et surtout, parce qu’elle prend au sérieux son histoire pas sérieuse.

    Tueur à gages à la retraite, John Wick mène désormais une vie tranquille. Il vit avec une jeune chienne, Daisy, cadeau post-mortem de sa femme récemment décédée. Un jour, à la station-service, il tombe sur Iosef Tarasov (Alfie Allen, aussi détestable que dans Game of Thrones), le fils du grand patron de la pègre. Ce dernier lui propose de lui racheter sa Ford Mustang de 1969, mais John refuse. Parce qu’il n’accepte pas qu’on lui dise non, Iosef s’introduit la nuit chez John pour lui voler la voiture, tuant Daisy par la même occasion. Ce qu’il ignore, c’est que John Wick est une ancienne légende, qui ne s’arrêtera pas sans avoir assouvi sa vengeance.

    De ce postulat, qui n’est qu’un prétexte à une succession de scènes d’action, ce dont le film ne se cache absolument pas, les réalisateurs développent plusieurs belles idées qui en font une vraie réussite. La première, c’est la mort de ce chien, dont il va se venger. Car derrière ça, on sent que ce drame lui permet aussi d’évacuer toute la frustration liée à la mort de sa femme (décédée des suites d’une maladie). Et en quelque sorte, cela lui permet se venger de ce dont il ne pouvait se venger. L’autre belle idée du film, ce sont les scènes d’action où la chorégraphie des affrontements rappelle un peu celle d’Equilibrium. Une sorte de combat au corps à corps avec des flingues (on sent que les réalisateurs sont d’anciens cascadeurs). Très bien filmés, toujours très lisibles, les gunfights se révèlent jouissifs, secs et nerveux. Ils renforcent d’ailleurs un peu plus l’impression de puissance, voire même d’invincibilité de John Wick. Sorte de machine implacable que rien n’arrête.

    Enfin, dernière idée géniale, l’hôtel Continental. À la recherche d’Iosef, John s’installe dans cet hôtel en plein milieu de la ville. Dans un premier temps, le spectateur est un peu dubitatif car John Wick est littéralement recherché par tous les assassins de New York, et cet hôtel est loin d’être le meilleur endroit pour rester caché (il se situe en plein cœur de Manhattan). Sauf que cet hôtel, qui n’accueille que des tueurs, est régit par des règles qui en font un lieu pacifique respecté par tous les occupants. Bref, un pur territoire cinématographique, qui amène deux ou trois séquences jubilatoires. Et qui fait de ce John Wick bien plus qu’un plaisir coupable.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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