La Chasse – William Friedkin

    La Chasse – William Friedkin

    cruising2Quelle descente en enfer ! Ça m’a rappelé Hardcore ou, plus récemment, 8mm, avec cette plongée du personnage qui se retrouve obligé de toucher le fond pour arriver à ses fins. La grande force de Friedkin, ici, c’est qu’il joue à merveille avec l’ambiguïté de son héros (Al Pacino, excellent). Dès le départ (notons d’ailleurs de quelle façon Friedkin n’introduit pas du tout le personnage), lorsqu’il accepte cette mission d’infiltration, il ne semble pas réellement gêné par la tâche qu’il devra accomplir. Alors qu’on l’envoie, seul, dans un univers SM franchement glauque, afin d’y retrouver un tueur en série qui sévit dans le milieu.

    Ce qui est admirable, par la suite, c’est la façon dont le cinéaste joue avec le montage, et oppose les boîtes de nuit gays avec le retour au foyer du héros. De voir à quel point ce dernier est marqué par sa mission (la fin !). S’il a d’abord du mal à s’intégrer -belle scène ironique où il se fait jeter parce qu’il n’a aucun accessoire pour une soirée déguisée en policier-, il se fond petit à petit dans le milieu. Et il faut voir de quelle façon Al Pacino joue sur sa démarche et son corps. Notamment lors d’un jeu de drague époustouflant (à l’interprétation ambigüe une nouvelle fois).

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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