La Crème de la crème – Kim Chapiron

    La Crème de la crème – Kim Chapiron

    La crème de la crème - © Jean-Claude MoireauDans son premier quart d’heure, La Crème de la crème rappelle Les Beaux gosses mais transposé à HEC. C’est de loin ce que le film aura de meilleur à proposer. Ce n’est pas non plus génial mais, au moins, on sent se dessiner quelque chose avec ces deux losers qui cherchent à se faire des filles dans un milieu où tout est très hiérarchisé et symbolisé par la couleur des polos, qui sert de repère dans cette micro-société qu’est l’école de commerce. De fait, si Jaffar et Dan veulent coucher il leur faut s’insérer dans l’une de ses communautés. C’est en expliquant ce fonctionnement interne à Kelliah que cette dernière a l’idée de se jouer du système en tentant de le renverser.

    Alors que Jaffar est brusquement mis à l’écart, Dan, Kelliah et Louis (qui montre lui aussi son intérêt dans l’expérience) s’improvisent donc proxénètes et recrutent des étudiantes faisant des boulots alimentaires pour mettre en pratique leurs connaissances théoriques. Mais alors qu’on s’attendait à une charge contre la jeunesse communautaire, La Crème de la crème se révèle d’une triste platitude. Ce film de campus, qui se voudrait être le The Social Network à la française, jouit pourtant de dialogues ridicules, pas loin d’être dignes d’une mauvaise sitcom (les soi-disant grandes phrases balancées sur l’économie, au secours). Ne sachant pas vraiment où se diriger, touchant un peu à tout (la comédie romantique, le drame social), le long-métrage finit par ne rien dire, ne sachant vraisemblablement pas quoi faire de son sujet, avant de s’achever sur un plan final grotesque, aussi gratuit que franchement risible sur ce qu’il tente de dire sur la lutte des classes.

    Même si Sheitan se révélait déjà assez mauvais, avec Dog Pound, remake du film d’Alan Clarke (parfois au plan près), Kim Chapiron avait pu un temps faire illusion, en s’auto-proclamant réalisateur de la jeunesse, mais avec La Crème de la crème, il se montre très sage, et même insignifiant, pour ne pas dire ringard dans le portrait qu’il tente de dresser. Et s’il s’en défend en prétendant avoir réalisé avant tout une sorte de teen-movie, et d’avoir voulu filmé une histoire d’amour, cette dernière, à laquelle on ne croit jamais (les personnages sont figés dans leurs stéréotypes), apparaît tout simplement ratée.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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    1 Commentaire

    1. Kaden · 23 décembre 2016 Répondre

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