La dernière fois que j’ai vu Macao – Joao Pedro Rodrigues et Joao Rui Guerra da Mata

    La dernière fois que j’ai vu Macao – Joao Pedro Rodrigues et Joao Rui Guerra da Mata

    rtq4t8CNuDzOSCb01h9CEDhsk6bLe postulat est génial. Deux réalisateurs partent à Macao, pour y filmer les lieux d’enfance de l’un d’entre eux (entre autres). Sur ces images, les auteurs y inventent une fiction avec les films noirs hollywoodiens en tête et dont ils reprennent les codes. La première réussite de La Dernière fois que j’ai vu Macao, c’est de ne jamais tomber dans le film conceptuel. Au contraire, celui-ci se révèle ludique et pas loin d’être captivant avec son histoire de truands et de Mc Guffin prenant la forme d’une cage à oiseau.

    Le résultat laisse apparaître une belle liberté qui témoigne surtout de la puissance du cinéma, prenant à la lettre l’expression selon laquelle derrière chaque image documentaire se cache une fiction possible. Par exemple, un passant prend son portable dans la ville et les réalisateurs en font un personnage de fiction. Il faut également saluer le travail du son, remarquable, qui fait que La Dernière fois que j’ai vu Macao prend finalement des airs de série B, au sens premier du terme, et où la métamorphose apparaît au centre du film : des personnages (un travesti, une sirène) quasiment absents du film et laissant peu à peu leurs places aux animaux (les chats surtout), à la ville protéiforme de Macao, magnifiquement filmé (et dont le film est un document puissant), en passant par la nature même du long-métrage (où le documentaire laisse sa place à la fiction et vice-versa). A ne pas louper !

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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