Le chant des oiseaux – Albert Serra

    Le chant des oiseaux – Albert Serra

    4289Oui, c’est beau (la photo, l’utilisation des décors, la lumière…) et chaque plan est remarquable dans leur façon de jouer avec l’horizon, les contrastes, etc. Oui, Serra confirme son talent de monteur (les raccords sont formidables). Et bien entendu, il y a dans ce cinéma quelque chose d’incroyablement primitif, comme si on assistait à la naissance du cinéma, en même temps que celle de Jésus.

    Pourtant, j’ai un peu le sentiment que Albert Serra oublie de raconter quelque chose (les films Lumière racontaient beaucoup plus de choses en un seul plan). Dans Honor de Cavalleria, le parcours de Don Quichotte, rempli « d’action » (cette fabuleuse scène où le personnage luttait contre le vent) renvoyait à diverses interprétations en même temps qu’une belle amitié semblait se former sous nos yeux.

    Certes, on se bat contre le sable lourd, ici. Certes, on se raconte ses rêves au cœur de la forêt. Mais, rien ne semble au final en émerger. A l’image de Marie et Joseph, le spectateur est constamment dans l’attente d’un souffle, d’un élan qui ne viendra jamais. Comme si l’aridité des décors venait tout assécher.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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