Le Dernier pub avant la fin du monde – Edgard Wright

    Le Dernier pub avant la fin du monde – Edgard Wright

    le-dernier-pub-avant-la-fin-du-monde-5En 1990, cinq adolescents entreprennent un barathon. Soit, enchaîner douze pubs, à raison d’au moins une pinte par personne dans chaque bar. Pourtant, malgré leur bonne volonté, ils n’arrivent pas à atteindre l’ultime pub de leur parcours : The World’s End. Une vingtaine d’années plus tard, Gary King, le meneur du groupe, est encore resté un grand adolescent, comme si ce barathon inachevé l’avait empêché d’évoluer. Il décide alors de retenter l’expérience et convainc ses anciens amis de retourner à Newton Haven, la petite ville de leur enfance.

    Dans sa première partie, Le Dernier pub avant la fin du monde apparaît comme une sympathique comédie, aidée par des dialogues rythmés, à défaut de réellement parvenir à faire exister ses personnages. Et puis, le film bascule alors dans la parodie d’un film de science-fiction d’invasion (façon L’Invasion des profanateurs de sépultures), montrant alors rapidement ses limites et faisant ressorti d’autant plus ses défauts. Si ce basculement laisse le champ libre à diverses théories, ces dernières ne suffisent pas à rendre le long-métrage meilleur ou à lui offrir une seconde lecture passionnante. Dès cet instant, Le Dernier pub avant la fin du monde devient débile. Mais débile nul, pas débile fun. Et le ridicule de la situation (Gary choisit de poursuivre la tournée des bars plutôt que de s’échapper en courant) contamine finalement le film tout entier. D’autant que l’explication donnée se révèle tout aussi grotesque. D’ailleurs, quand elle n’est pas expédiée, la trajectoire des personnages s’avère globalement ratée. On pense en particulier à celle d’Andy (interprété par Nick Frost, l’acolyte de Simon Pegg), personnage assez détestable, dont les changements d’humeur apparaissent traités par-dessus la jambe et dénués de toute logique.

    Le Dernier pub avant la fin du monde échoue également lorsqu’il tente de nous dire des choses sur la crise de la quarantaine. Peu subtil, le long-métrage aurait gagné à n’être qu’un film de genre, sans chercher à aller plus loin qu’un bon vieux film de potes (comme pouvait l’être Shaun of the Dead). L’ensemble apparaît presque trop ambitieux avec son trop plein de références mal digérées ou gratuitement illustrées (la fin, abrupte et facile). Pas grand-chose à sauver au final, si ce n’est une mise en scène plus appliquée d’Edgard Wright, notamment dans les scènes d’action. Il s’en sortait déjà plutôt bien dans Scott Pilgrim, à l’inverse du médiocre Hot Fuzz et ses séquences d’action foutraques. C’est loin d’être suffisant pour faire oublier la lourdeur de ce Dernier pub avant la fin du monde au goût amer…

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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    1 Commentaire

    1. C’est la fin – Seth Rogen et Evan Goldberg | Critikall : Cinéma, Série, Jeu vidéo. · 10 octobre 2013 Répondre

      […] film de fin du monde a encore la cote cette année. Après le très mauvais The World’s End, voici C’est la fin (This is the End en VO) réalisé par Seth Rogen et Evan Goldberg, dont le […]

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