Le Hobbit : un voyage inattendu

    Le Hobbit : un voyage inattendu

    THE HOBBIT: AN UNEXPECTED JOURNEYDifficile d’imaginer que pour Peter Jackson, The Hobbit réponde à une envie irrésistible d’approfondir l’univers de Tolkien. Le réalisateur néo-zélandais a en effet déjà passé plus de dix heures (en version longue) à nous raconter l’histoire de Frodon et de l’Anneau unique. Forcément, après le succès planétaire de la trilogie du Seigneur des Anneaux, la tentation semblait grande, trop grande. Le voici donc de retour en Terre du Milieu pour nous raconter les aventures de Bilbon Sacquet et, par la même occasion, engranger quelques millions de dollars supplémentaires.

    Après la projection du Hobbit, le doute n’est plus vraiment permis. Et le voyage inattendu promis par le titre n’a malheureusement rien d’inattendu. Au contraire, on y retrouve peu ou prou les mêmes situations que dans les précédents volets. Cette sensation de déjà-vu ne se ressent pas seulement dans la pauvreté de la narration (on a parfois l’impression d’assister à un remake de la Communauté de l’Anneau), elle semble également avoir contaminé la mise en scène. Sur pilote automatique, Jackson filme exactement de la même façon que dans les précédents longs-métrages, réutilisant les mêmes types de plans et les mêmes mouvements incessants de caméra. Incapable de poser cette dernière plus de quinze secondes, le réalisateur de Braindead se loupe également lorsqu’il s’agit de rendre lisible les scènes d’action. Tout va très vite, trop vite. Surtout, la mise en scène du cinéaste n’a jamais paru aussi ampoulée, écrasée par des effets spéciaux plus envahissants que merveilleux, sans qu’on retrouve cette dimension épique que pouvaient atteindre certaines séquences de la trilogie précédente.

    Ici, tout s’enchaîne sans jamais prendre le temps de laisser respirer la moindre scène, le film donnant in fine l’impression de s’écrouler sous son propre poids. Alors, rien ne retient véritablement l’intention, si ce n’est la subtile interprétation de Martin Freeman, très bon dans le rôle de Bilbon Sacquet, ou encore la scène avec Gollum, plutôt réjouissante. Mais c’est épuisé que l’on sort du Hobbit. On l’est dès le début puisque le film ne réussit d’ailleurs jamais à se remettre de son immonde et interminable introduction où tous les nains sont invités à festoyer chez Bilbon (un calvaire). Courage, Peter Jackson a encore de six heures de film à nous dévoiler…

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

    • facebook
    • google
    • twitter

    1 Commentaire

    1. Dyades · 25 décembre 2013 Répondre

      Totalement d’accord ! Et le second est pire…

    Défendez votre point de vue