Le Petit fugitif – Morris Engel, Ruth Orkin et Ray Ashley

    Le Petit fugitif – Morris Engel, Ruth Orkin et Ray Ashley

    19031536.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxA la suite d’une mauvaise blague, orchestrée par son frère et des copains, le jeune Joey part se réfugier à Coney Island et sa fête foraine.

    On comprend tout de suite ce qui a pu plaire à Truffaut ou Godard en voyant ce film de 1953. Le film est un spectacle vivant qui rappelle beaucoup le cinéma néo-réaliste et qui évoque, déjà, celui de la Nouvelle Vague. Et puis, Le Petit fugitif n’est pas sans rappeler le cinéma muet. Pas seulement pour son absence de dialogue mais aussi de par l’utilisation du son et de la musique (l’harmonica qui renvoie à l’instrument que Joey a dans sa poche). Et tout ça en 1h20 de film seulement.

    Mais ce qu’il y a de plus remarquable dans Le Petit fugitif, c’est ce petit bonhomme, Richie Andrusco. Il est le moteur du film. On a réellement l’impression que le scénario se construit au fil des actions du petit Joey. Comme si la caméra l’avait repéré sur cette plage de Coney Island pour le suivre discrètement. Parce qu’en plus, ce petit garçon a un sens inné de la caméra. Il semble en être totalement désintéressé. Il faudra une séquence de base-ball admirable pour que, très rapidement, il la regarde au moment où sa balle vient cogner contre elle.

    Le film, d’une incroyable modestie, se contente ainsi de suivre l’errance de ce petit garçon. Comme Godard filmera Belmondo dans A bout de souffle. Et comme les réalisateurs de la Nouvelle Vague, on y sent l’influence des films de genre : le film policier, le western (l’arme en plastique accrochée à la ceinture du petit, l’émission télé à la fin)…
    C’est un film magnifique. Et un grand grand merci à Carlotta de distribuer ce film aujourd’hui.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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    2 Commentaires

    1. christyler · 3 mars 2009 Répondre

      Merci à vous pour votre message.

    2. ilestcinqheures · 3 mars 2009 Répondre

      En cette année où nous fêtons les 50 ans de la Nouvelle Vague, ce n’est en effet que justice de remettre ce film splendide à l’honneur (et à l’affiche).
      Bien à vous.

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