Les Trois singes – Nuri Bilge Ceylan

    Les Trois singes – Nuri Bilge Ceylan

    large_285224Si l’on n’en conservait que les premières et les dernières minutes, Les Trois singes serait un excellent film. Oui mais voilà, il faut bien le remplir ce nouveau long métrage. Et là, Ceylan rate un peu son coup.

    Si le cinéaste sait filmer, c’est indéniable (il aime d’ailleurs toujours autant jouer avec le montage et les entrées dans le champ, parfois un peu trop), sa mise en scène a plus de mal à se mettre au service du récit. Il y a un problème de durée, de temporalité qui ne colle pas avec les codes du polar que Ceylan utilise. Alors je ne sais pas s’il a voulu faire son Antonioni à l’image de The Passenger, qui démarrait comme un film d’espionnage hollywoodien. Toujours est-il qu’il y a ici un décalage qui se crée, quelque chose qui ne colle pas.

    Ça n’empêche pas certaines scènes de ressortir. Le début et la fin, donc, ainsi que la scène d’amour/haine en écho à celle des Climats. Mais l’ensemble se suit globalement avec politesse, sans trop de surprise (même si je ne pense pas que Ceylan ait voulu surprendre). Un mot pour finir sur l’image, cest vrai qu’elle est un peu trop artificiel. On s’approche d’un ton sépia et certains plans semblent presque tirés du film Avalon de Mamoru Oshii (sauf que dans ce dernier, ça avait un sens).

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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