Lola – Brillante Ma. Mendoza

    Lola – Brillante Ma. Mendoza

    lola1Dans Lola, et comme dans les précédents films de Brillante Ma. Mendoza, on a le droit à un regard doublé d’un discours sur les Philippines et son rapport à l’environnement. Dans une ville chaotique, la préoccupation de Mendoza consiste une nouvelle fois à questionner les limites de la morale, en filmant deux grands-mères dans leur environnement. La question de l’espace se révèle alors extrêmement importante, presque déterminante (transports, intempéries). Chaque déplacement dans la ville prend la forme d’une épreuve, d’un véritable parcours (le vent lors de la très belle première scène, l’eau qui rend le transport du cercueil difficile…).

    Et puis, il y a l’argent (quasiment la première chose qui apparaît à l’écran, avant même les personnages) qui vient tout contaminer, au point d’annuler tout sentiment de justice. Pourtant, Mendoza ne condamne jamais les actes de ses personnages. Avec son style bien particulier (plus que jamais, la frontière entre le documentaire et la fiction semble disparaître), le cinéaste montre avec tendresse deux femmes qui tentent de survivre contre la pauvreté. Le moindre sou vaut ici de l’or et on tremble comme dans Le voleur de bicyclette que les personnages perdent tout à chaque instant – ils sont obligés de coudre à leurs poches, leurs mouchoirs remplis de billets.
    Lola est un film d’une grande humanité, où les habitants de Manille n’ont pas d’autres choix que de s’occuper des vivants quitte à délaisser (un peu) les morts.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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