Louise-Michel – Benoît Délépine et Gustave Kervern

    Louise-Michel – Benoît Délépine et Gustave Kervern

    louise-michel-24-12-2008-2-gJe ne suis pas complètement fan de l’univers (parfois un peu lourd) mais c’est rassurant de voir qu’un tel film, avec une telle force, une telle rage, existe aujourd’hui. C’est rassurant de voir que certains n’abdiquent pas et continuent, contre vents et marées, à lutter.

    Ce qui est admirable ici, c’est que cette lutte est réalisée avec un humour d’une grande intelligence (le film est très drôle). Face à la délocalisation de leur entreprise, quelle alternative s’offre aux ouvrières ? « Tuer le patron » propose l’une d’elle, jouée par une formidable Yolande Moreau. La proposition est saugrenue, elle est pourtant immédiatement acceptée. Comme une évidence. Au-delà de cet acte fort et lourd de sens, on assiste à une sorte de chasse à l’homme invisible. Alors que les personnages pensaient avoir atteint leur cible, ils se rendent compte qu’elle vient, elle aussi, d’être délocalisée. Belle critique d’un capitalisme inaccessible et immatériel.

    La réalisation n’est pas toujours exempt de défauts, de lourdeurs (une certaine complaisance dans l’image), mais elle fait preuve aussi de belles idées. Les cadres fixes notamment qui tranchent avec le mouvement géographique des personnages. Il y aussi un travail sur le hors-champ remarquable où se dénoue presque toutes les situations. Et puis, sur certaines scènes, Delépine et Kervern parviennent à créer des atmosphères étranges sans qu’on ne s’y attende (la scène incroyablement érotique lorsque le sous-directeur regarde à travers la serrure d’une poignée de porte qu’il tient dans la main).

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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