Magic City – Saison 2 – Starz

    Magic City – Saison 2 – Starz

    Magic City; Episode 102Si The Wire, Les Soprano ou encore Six Feet Under s’étaient arrêtées à leur deuxième saison, auraient-elles aujourd’hui la même renommée qu’actuellement ? Parce que tout le monde ne s’appelle pas Twin Peaks, il faudrait rappeler à Starz que rares sont les grandes séries à n’avoir connu que deux saisons. Déjà avec l’excellente série Party Down, la chaîne avait stoppé les frais après deux saisons, tenant pourtant là l’une des plus belles sitcoms jamais créées. L’année dernière, c’était la superbe série politique Boss qui s’arrêtait brutalement après deux saisons. Cette année, c’est Magic City qui est interrompu, là aussi, après deux saisons. Si on ne doute pas que les audiences de ces deux séries aient été faibles (on est loin des séries formatées à la CSI, NCIS ou de la sitcom gentillette), on ne peut s’empêcher de se demander si Starz ne manque pas d’un peu de couilles pour s’imposer, d’autant que la chaîne a manifestement l’ambition de proposer un programme de qualité. Mais comment le pourrait-il en annulant chacun de leurs (meilleurs) projets ?

    Magic City ne sera donc jamais une grande série. Elle ne l’aurait peut-être d’ailleurs jamais été et, de toute façon, on ne le saura jamais. Peu importe, en deux saisons, elle a néanmoins su se forger un nom, faisant rapidement oublier ses références, de Mad Men (pour la reconstitution et la manière d’intégrer l’Histoire au récit) aux films de mafia (Les Affranchis, en tête). Construit comme une tragédie grecque, la série raconte le parcours d’Ike Evans à la tête du plus luxueux hôtel de Miami. Cet hôtel, c’est son rêve et à la fois son cauchemar, car il finira par tout perdre à cause de lui. Sa première erreur, c’est de s’être associé avec Ben Diamond, dit Le Boucher, un gros bonnet de la pègre locale. Durant seize épisodes, il va chercher à se défaire de son emprise et ne plus avoir affaire avec cet être diabolique interprété par un Danny Huston effrayant (rien que pour ce personnage, la série mérite qu’on s’y attarde). Le combat d’Ike devient une obsession, qui le pousse à franchir les limites de la légalité, et qui l’entraîne petit à petit vers le fond, perdant au passage ses amis et sa famille (le huitième et ultime épisode s’intitule ainsi « The Sins of the Father »). Si la fin de la série laisse de nombreuses choses en suspens, elle marque néanmoins la fin d’un cycle, pour en ouvrir un second. Bien que débarrassé de l’emprise de Ben Diamond (vraiment ?), il doit finalement composer avec un autre problème. A nouveau, la gestion de son hôtel s’accompagne de compromissions. Mais cette fois, Ike est seul sur la plage du Miramar…

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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