Melancholia – Lars von Trier

    Melancholia – Lars von Trier

    melancholia-20Comme un double négatif de The Tree of Life (la naissance de tout), Melancholia (la fin de tout) rappelle d’abord Festen de Thomas Vinterberg mais aussi L’Etoile Mystérieuse d’Hergé. La première partie du film n’est pas la meilleure, elle semble déjà-vu ailleurs (Festen donc mais sans hystérie). Malgré tout, elle tend à montrer la détérioration psychique de Justine, son détachement social (elle quitte son boulot, son mari), et finalement son détachement au monde, dû à son état dépressif (mélancolique). Comme si elle devait se détacher de tout avant de s’offrir à la planète qui avance inexorablement sur la Terre. D’ailleurs, on la verra se mettre complètement nue sous la lumière de cette planète nommée Melancholia, à laquelle elle semble totalement s’abandonner. Une forme de jusqu’au boutisme de son état dépressif qui ne peut en fait s’accorder qu’avec la fin de toute chose (l’idée est d’autant plus forte qu’elle est magistralement formalisée).

    La seconde partie, fantastique (dans tous les sens du terme), s’apparente alors à un véritable film catastrophe, un film de fin du monde. Mais à l’opposé d’un 2012, la caméra de Lars von Trier reste constamment confiné dans l’immense demeure de John et Claire, bordant un terrain de golf 18 trous. Le film prend ainsi la forme d’un huis-clos sans en donner l’impression tant la maîtrise spatiale du réalisateur est remarquable. Et ce confinement n’est pas qu’un choix cinématographique, il se manifeste également physiquement. Abraham, le cheval que Justine se plaît à monter, se refuse ainsi à franchir un pont qui sortirait le personnage au-delà du cadre défini. Une scène qui illustre admirablement l’incapacité pour Justine de s’ouvrir à un monde extérieur qu’elle ne semble plus comprendre (la scène au téléphone où elle doit prendre le taxi). Lars von Trier s’applique aussi à donner une double vision de la fin du monde époustouflante, poétique pour Justine (la pluie de pétales) et terrifiante pour Claire (la pluie de grêlons), avant de clore son film sur un final d’anthologie.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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    1 Commentaire

    1. Cédric Desbarbès · 6 décembre 2013 Répondre

      Je me permets de recommander un bonus du DVD : « Filmbyen, la nouvelle Mecque du cinéma ? » de Pablo Tréhin-Marçot. Ce documentaire retrace l’histoire de Filmbyen, ville cinéma créée par Lars von Trier et Peter Aalbek Jensen, son mode de fonctionnement, les enjeux artistiques et économiques qu’elle soulève au sein de l’industrie cinématographique mondiale.
      Je ne sais pas si vous l’avez regardé, mais je vous le conseille ! 😉
      En attendant la prochaine critique 🙂

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