Möbius – Eric Rochant

    Möbius – Eric Rochant

    Möbius-Dujardin-de-FranceC’est peu de dire que j’y allais à reculons (j’ai d’ailleurs zappé sa sortie en salles). Car même si l’on doit à Eric Rochant un chef-d’œuvre du film d’espionnage (Les Patriotes), depuis, le cinéaste traverse une longue traversée du désert, ponctuée de longs-métrages anecdotiques, et dont on pensait qu’il ne sortirait jamais. Si l’on ne doute pas qu’il ait dû se battre pour réaliser chacun de ses films, on avait tout de même cette impression qu’il s’était un peu perdu, comme si tout allait un peu trop vite pour lui. Après une pause de près de sept ans (son dernier film remontait à 2006 avec L’Ecole pour tous), et malgré un tournage manifestement éprouvant, Eric Rochant semble s’être retrouvé avec Möbius, tout en évitant le piège de nous refaire Les Patriotes 25 ans plus tard (voir cette excellente interview du réalisateur).

    Sous ses allures de film d’espionnage, Möbius est avant tout une belle histoire d’amour, peut-être la plus belle vue cette année. Si elle l’est autant, c’est en partie grâce à la mise en scène élégante d’Eric Rochant, qui atteint son apogée dans deux scènes se faisant écho : la rencontre et la scène de révélation. Elle s’appuie non seulement sur les jeux de regard maîtrisés des deux acteurs (Jean Dujardin et Cécile de France, tous les deux très bons) mais aussi sur un découpage fabuleux, si bien que les deux séquences n’ont besoin d’aucun dialogue pour que l’on comprenne immédiatement ce qui s’y joue.

    Ainsi, la réussite du film repose également sur l’émulsion entre les deux acteurs. On a beaucoup parlé des scènes d’amour, surjouées ou ridicules selon les avis. Au contraire, elles nous permettent immédiatement de croire à leur histoire. Les scènes de complicité s’avèrent alors très réussies, belles et simples (le sentiment de sécurité ressenti par Cécile de France dans les bras de Dujardin). Sans atteindre l’excellence des Patriotes, Möbius se présente comme une version plus romantique, où l’histoire d’amour prend ici le dessus sur celle d’espionnage, sans que cette dernière ne paraisse pour autant bâclée. J’attends le prochain film d’Eric Rochant avec impatience.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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    3 Commentaires

    1. Fockers · 23 juillet 2013 Répondre

      Car même si l’on doit à Eric Rochant un chef-d’œuvre du film d’espionnage (Les Patriotes), depuis, le cinéaste traverse une longue traversée du désert, ponctuée de longs-métrages anecdotiques

      A l’exception fait de ANNA OZ qui est un film absolument formidable et totalement méconnu 😉

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