Oblivion – Joseph Kosinski

    Oblivion – Joseph Kosinski

    Oblivion-Trailer-2013-Tom-Cruise-1600x745La sortie DVD/Blu-ray d’Oblivion est l’occasion de revenir sur ce film de science-fiction à la mise en scène banale mais non dénué d’un certain charme. On y retrouve aussi une réflexion intéressante sur son acteur principal : Tom Cruise.

    Il y a d’abord dans Oblivion une représentation réaliste (dans le sens de crédible) des technologies futuristes. En plus de s’appuyer sur un très beau design épuré, ce que l’on voit à l’écran donne l’impression que ça pourrait très bien être ce que l’on aura sous les yeux dans quelques années. Par ailleurs, il y a dans le film un sentiment de solitude, en partie lié à la routine du personnage chargé de réparer des sentinelles, et qui s’avère joliment retranscrit. Alors oui, les références sautent aux yeux et apparaissent trop nombreuses. Mais la manière dont Kosinski prend le temps de poser son action, de filmer l’errance de son personnage sur cette Terre dévastée laisse entrapercevoir (espérer ?) un autre film (Tom Cruise qui s’imagine sous les applaudissements du public d’un stade). Si ces séquences se démarquent joliment du lot, le réalisateur de Tron Legacy retombe aussi très rapidement vers un style beaucoup plus classique, efficace à défaut d’être original pour un blockbuster.

    Et puis donc, il y a Tom Cruise, qui incarne une nouvelle fois l’éternel héros américain. Mais ce qui reste passionnant avec cet acteur, c’est qu’il joue constamment avec son image, et notamment de ce statut de héros intouchable (ce que faisait très bien Night & Day de James Mangold). Ici, l’errance de Jack Harper ne fait finalement que traduire le vide d’une existence sans but et sans raison d’être. C’est comme si le personnage était une nouvelle fois condamné à jouer les héros, qu’il n’était qu’une figure héroïque que l’on pouvait user et démultiplier à l’envie. Une forme d’immortalité qui n’est pas sans rappeler celle de Wolverine, plus particulièrement dans le tout récent dernier volet, réalisé par James Mangold (tiens donc). Ce qui fait la force de ces deux films tient sans aucun doute au tragique de ces personnages qui trimbalent leur carcasse d’un film à l’autre. Mais si le corps est mis en avant, c’est bien sûr ce qu’il y a à l’intérieur qui importe (Wolverine va même jusqu’à le fouiller avec son bras). Dans Oblivion, Jack Harper s’invente une nouvelle vie dans laquelle il n’aurait plus à jouer les héros. Pour s’échapper à sa routine, il se confectionne un petit coin de paradis perdu sur des souvenirs liés à une vie passée et regrettée. Et alors que Wolverine voit Jean Grey (Famke Janssen) dans ses rêves, Jack est hanté par le souvenir d’une inconnue. L’un comme l’autre devront répondre à leurs démons, quitte à mourir pour mieux renaître… en éternel héros.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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    2 Commentaires

    1. Blockbusters 2013 : séance de rattrapage | Critikall · 12 août 2013 Répondre

      […] ai déjà parlé un peu ici mais le film mérite que je m’y attarde encore un peu. Notamment pour sa très belle introduction […]

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