Panic Room – David Fincher

    Panic Room – David Fincher

    2002_panic_room_0031Le plan-séquence de David Fincher dans Panic Room marque un tournant dans l’histoire du cinéma numérique. Sans avoir la puissance évocatrice de celui d’Antonioni dans Profession : Reporter, il apparaît comme une version moderne. Dans les deux cas, bien que les moyens mis en place pour y parvenir soient différents, il y a une volonté de s’abroger des contraintes de la caméra pour réaliser un mouvement physiquement impossible : passer à travers les barreaux d’une fenêtre pour l’un, dans l’anse d’une cafetière pour l’autre (avant d’être passé à travers les barreaux des escaliers, par ailleurs).

    Si le recours au numérique peut être considéré comme de la « triche », le résultat reste bluffant. D’autant que la caméra ne se contente pas seulement de passer à l’intérieur d’une serrure puis dans l’anse d’une cafetière, puisqu’elle vient carrément traverser les plafonds de la bâtisse – dans laquelle Jodie Foster et Kristen Stewart se trouvent piégées -, suivant avec une virtuosité époustouflante les cambrioleurs qui cherchent à s’y introduire.

    La critique a souvent dénigré le travail de David Fincher jugé trop ostentatoire mais ce plan a pourtant ouvert la voie à d’autres plans refusant obstinément la coupe, et dont on reconnaît aujourd’hui peu à peu les qualités cinématographiques. En un sens, ce plan porte en lui les germes du fabuleux plan d’ouverture de Gravity (en passant par le Tintin de Spielberg avant cela ou encore Sucker Punch de Zack Snyder). Encore maintenant, ce plan-séquence demeure impressionnant.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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