Policier, adjectif – Corneliu Porumboiu

    Policier, adjectif – Corneliu Porumboiu

    politist1Policier, adjectif, Cristi prend en filature un jeune lycéen qui revend de l’herbe à ses copains. Alors qu’il devrait l’arrêter comme le dit la loi, Cristi préfère poursuivre son enquête (pour trouver le fournisseur) afin de ne pas gâcher la vie de l’adolescent.

    Pendant 1h30 (sur les 2h), Corneliu Porumboiu file donc ce lycéen et Cristi qui l’observe, l’attend, caché derrière son pilier électrique, dans la grisaille de la ville. Et le cinéaste s’applique soigneusement (mais sans surprise) à nous faire ressentir cette attente. A côté de ça, lors des retours aux commissariats de Cristi, il montre aussi les difficultés administratives qui ne sont pas sans rappeler celles rencontrées par l’héroïne de 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Des passages qui sont très réussis grâce à leur drôlerie et à des personnages bien écrits. Surtout, ces scènes apparaissent comme des respirations qui empêchent le long métrage de sombrer dans la dépression.

    A deux reprises, la caméra s’arrête sur les rapports du policier qu’elle filme en gros plan, moins pour résumer l’état de l’enquête que d’amorcer un discours sur la langue, sur la communication. Plus loin dans le film, la femme du policier lui fera une remarque sur une faute d’orthographe que ce dernier a réalisé dans son dossier. Lors de la pénultième scène, grandiose, Cristi est sermonné pour un cas de conscience. Son Commandant, à l’aide d’un dictionnaire, va recourir à un drôle d’exercice (au propre comme au figuré) visant à démonter ce cas de conscience.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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