Runaway Train – Andrei Konchalovsky

    Runaway Train – Andrei Konchalovsky

    large_661921Comme souvent, Carlotta nous a permis de découvrir ou redécouvrir dans les salles un trésor oublié du cinéma. Runaway Train est sorti en 1986 en France après une sélection officielle au Festival de Cannes. Pourtant, malgré un scénario original d’Akira Kurosawa (réécrit partiellement par la suite), le film d’Andrei Konchalovsky n’a pas forcément connu une très bonne réputation. C’est donc l’occasion de réévaluer cet excellent film d’action, en forme de série B.

    Cité comme l’une des références pour la préparation de Gravity par Jonás Cuarón, Runaway Train apparaît en effet comme un film d’action sur lequel vient se greffer des métaphores et des thématiques. C’est aussi un long métrage reposant en grande partie sur sa mise en scène qui fait de ce train, lancé à toute vitesse, un monstre d’acier « unstoppable » (le film de Tony Scott partage un pitch similaire).

    Runaway Train débute d’abord comme un film de prison, qui ne laisse pas deviner des suites de l’aventure qui prendra finalement des airs de huis-clos à l’intérieur d’un train. Cette première partie tant surtout à dévoiler la violence et la folie qui habitent les personnages. Celles du directeur de prison, qui dirige d’une main de fer cette prison, mais surtout celles de Manny, voleur de banques multirécidiviste respecté pour son insoumission et sa capacité à survivre à l’isolement. C’est justement ses qualités qui lui permettent de s’échapper de prison et, plus que tout, de résister au grand froid qui les attend (la prison se situe au milieu de l’Alaska et fait directement écho aux goulags sibériens).

    C’est au cours de son évasion que Manny, accompagné de Buck (Eric Roberts dans le rôle d’un violeur simple d’esprit), finit par monter à bord d’un train de marchandises dont il ignore que le conducteur a fait une crise cardiaque. A travers cette course infernale, Runaway Train tend à montrer l’animalité dans laquelle la prison réduit ses occupants. A la remarque fait à Manny sur le fait qu’il n’est que bête, celui-ci répond d’ailleurs qu’il est pire que cela, qu’il est un homme (voir aussi le carton qui ouvre le film). Préférant la mort plutôt que de retourner en prison, Manny est prêt à tout pour survivre, quitte à entraîner les autres avec lui (le parallèle avec le train est évident). Si les plans sur le train, monstrueuse machine filant à toute allure, viennent brillamment illustrer le propos, la réussite du film tient en grande partie sur le personnage de Manny (et sa confrontation avec Buck), conscient de sa propre inhumanité. Un personnage désabusé, détruit (il explique dans une séquence que sa vie ne vaut rien), dont le comportement ne semble répondre qu’à des instincts primaires. Rongée par la haine, il prend corps avec ce train fou sans pour autant perdre totalement son humanité…

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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