Slumdog Millionnaire – Danny Boyle

    Slumdog Millionnaire – Danny Boyle

    slumdog-millionaire-2-gD’abord, il y a un gros problème dans ce film entre ce qui est filmé et la façon dont cela est filmé. Pas parce que Slumdog Millionnaire n’a absolument rien à voir avec le cinéma de Bollywood (à part le générique final, totalement gratuit) mais c’est cette sur-stylisation qui contraste avec le drame social dans lequel s’agite le personnage principal.

    Pour reprendre un débat soulevé récemment, peut-on filmer la misère en ayant recours à une image incroyablement léchée (je pense à En Avant jeunesse) ? Hélas, Danny Boyle n’est pas Pedro Costa. Et quoiqu’on en pense, l’essentiel était que le réalisateur portugais parvenait à capter toute l’atmosphère de la banlieue de Lisbonne. Là, si certains trouvaient que Wes Anderson (avec The Darjeeling Limited) filmait mal l’Inde, c’est une catastrophe ici. Boyle se contente de deux images contrastées pour faire le portrait social du pays. Ridicule.

    Le contraste, on le retrouve aussi entre les séquences sur le plateau de télévision – quasiment ce qu’il y a de mieux car Boyle s’appuie sur le suspense lié au jeu télévisé (et ça marche) – et les scènes où le gosse explique comment il a pu répondre à chacune des questions (le montage systématique, pénible et prévisible). Une fois Slumdog Millionnaire terminé, que reste-t-il ? Pas grand chose. Rien, serait-on même tenté de dire. Et qu’on ne me dise pas qu’on est ici face à un joli conte de fée car si happy-end il y a, ce n’est pas l’amour qui l’emporte au final, mais bien l’argent. Drôle de morale…

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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