Synecdoche New York – Charlie Kaufman

    Synecdoche New York – Charlie Kaufman

    synecdoche460Pas de doute, c’est bien un scénario de Kaufman. C’est même son film, ici, puisqu’il est pour la première fois réalisateur. Ça n’a finalement peu d’importance car le cinéma de Kaufman, c’est avant tout un scénario. C’est sans doute d’ailleurs la limite de Dans la peau de John Malkovich, Human Nature ou autre Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Bref.

    Synecdoche New York est quasiment le film que j’attendais, et pour ainsi dire, celui que j’avais envie de voir. Pour y retrouver en fait ce qui m’avait subjugué dans Adaptation. Le sujet est similaire et raconte une nouvelle fois l’impossibilité d’adapter, ici, de mettre en scène ce qui touche à l’intime.

    Caden Cotard (Philip Seymour Hoffman, très bon) envisage ainsi de recréer New York et sa population dans un immense entrepôt. Un spectacle vivant d’une ampleur jamais vue. Là où on reconnait la patte de Kaufman, c’est que, très vite, la fiction va rattraper la réalité. Le scénariste nous offre ainsi une intrigue à tiroirs à travers un film-labyrinthe aux accents kafkaïens. Dans Adaptation., on parvenait à suivre, tant bien que mal, un fil scénaristique. Ici, la confusion est telle qu’il devient difficile de démêler le rêve de la réalité, le vrai du faux. Les personnages du spectacle jouent les personnages de la vie réelle et d’autres personnages interprètent également les personnages de la vie réelle qui viennent assister aux répétitions. La mise en abyme va très, très loin, trop loin, même.

    Pourtant, j’ai aimé me perdre dans ce film. Dans l’esprit de ce personnage hypocondriaque, pour qui une année n’a semble-t-il duré qu’une semaine. Et puis, surtout, Synecdoche New York, comme Adaptation., parle de solitude. Celle face à la mort. Celle, bien réelle, lorsqu’on se retrouve seul à trente ans avec le sentiment de n’avoir encore rien fait d’important dans sa vie. C’est plein de défauts ce film, il manque un réalisateur pour tenir ce scénario en or, pour l’élever (sur la fin, il y parvient presque lorsque Caden déambule dans le faux New York) mais j’ai envie de l’aimer, parce qu’il parvient malgré tout à me toucher. Parce que les peurs du film sont aussi les miennes.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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