Tokyo Sonata – Kiyoshi Kurosawa

    Tokyo Sonata – Kiyoshi Kurosawa

    13sonata_600Et si les fantômes de Kiyoshi Kurosawa étaient encore présents dans Tokyo Sonata, sous ses airs de chronique familiale. On pourrait le croire tant chacun des personnages erre dans la ville, dépossédé de toute vie. Il suffit de voir la scène dans l’organisme de chômage, tous les demandeurs d’emploi alignés le long de l’escalier, comme des morts-vivants.

    Car tels des fantômes, ce sont des personnages morts à l’intérieur. Si le surnaturel n’a plus sa place dans Tokyo Sonata, c’est l’extraordinaire, dans le sens d’une situation inhabituelle, qui s’invite. Et qui sera la clé de ce brillant film de résurrection (le père qui se relève du caniveau, image saisissante).

    C’est bien de résurrection dont il s’agit. Comme si les fantômes accédaient à une paix intérieure retrouvée. Et qu’ils retrouvaient finalement leurs âmes, que la société leur aurait ôtés. Pour cela, il aura fallu que la lumière vienne percer l’obscurité, que ce soit sur le visage de la mère ou bien sur celui de l’enfant. Comme lorsque ce dernier se retrouve face à une assistance transportée par son interprétation au piano. Un état de grâce retrouvée que Kiyoshi Kurosawa filme comme personne.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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