Tony Manero – Pablo Larrain

    Tony Manero – Pablo Larrain

    18949220.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLe moins que l’on puisse dire, c’est que le film de Pablo Larrain a su merveilleusement retranscrire tout le désespoir qui planait sur La Fièvre du samedi soir. Si la plupart avait étrangement retenu de ce dernier les paillettes (Disco, notamment), Tony Manero s’inscrit lui davantage dans le chant funèbre du film de John Badham.

    Ici encore, le disco semble étroitement lié à la mort. Celle que Raul sème sur son chemin mais aussi celle liée à la dictature de Pinochet qui sert de contexte au film. L’histoire se déroule en effet au Chili, dans la ville de Santiago. Pourtant, le personnage semble totalement étranger à ce qu’il se passe dans son pays. Il ne pense qu’à son concours de sosie de Tony Mangero (le personnage de Travolta) et à sa scène de danse qu’il aimerait reconstruire en verre.

    Là où le film est intelligent, c’est que le personnage représente d’une certaine façon la dictature du pays. Il en est l’incarnation (froide, mortelle) à une époque où le disco sert de divertissement, comme poudre aux yeux jetée à la face du peuple. Et Raul n’y échappe pas d’ailleurs, lui qui rêve de devenir le Tony du Chili, à n’importe quel prix. Bon film donc, mais difficilement aimable, tant son personnage principal est une ordure sans nom.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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