Toto qui vécut deux fois – Daniele Cipri et Franco Maresco

    Toto qui vécut deux fois – Daniele Cipri et Franco Maresco

    19096613.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxC’est souvent le même problème avec ces films underground que quelques privilégiés ont eu la chance de découvrir il y a des années, et pour lesquels ils ne tarissent pas d’éloges, et dont la réception aujourd’hui à un plus large public (façon de parler) ne répond pas forcément à toutes les attentes. C’est le cas de Toto qui vécut deux fois, qui aura mis dix ans avant de sortir en salles chez nous. Ajoutées à cela des critiques plutôt élogieuses (Libé parle carrément de l’un des meilleurs films de la décennie). Avec de telles conditions, un film peut-il raisonnablement supporter une telle réputation ?

    Toto qui vécut deux fois, non. Faut-il pour autant le condamner ? Non plus. Dès la première scène du film, le ton est donné. Une salle de cinéma, apparemment composé de débiles onanistes. Sur l’écran, on y voit un homme en train de s’enfiler un âne. Puis, la caméra s’attarde sur le visage d’un des spectateurs. Une sorte de freaks au visage déformé (le plan m’a rappelé le fabuleux court métrage La Maison est noire). Il regarde la caméra et semble se moquer du spectateur. Voire de le mettre en garde : « Attention, c’est la revanche des démunis, des handicapés et des mendiants ! » Scène suivante : on retrouve une partie des spectateurs dans les toilettes du cinéma (enfin, j’imagine), étrangement propres (d’un blanc immaculé). Debout dans la pièce, ils sont tous en train de se frotter la nouille.

    Toto qui vécut deux fois, pourrait se résumer à ça. De la zoophilie et de la branlette. Ce qui me plaît ici, c’est à quel point le film est provocant. Certes, c’est parfois un peu gratuit et vulgaire. Mais cette vulgarité ne se retourne pas contre le film mais bien contre ce qu’il critique. C’est souvent fastidieux parce que le film finit par mettre mal à l’aise alors qu’il commence une scène de façon quasi-burlesque. Certains plans sont interminables et deviennent presque insoutenables (le viol de l’ange, le débile qui se fait une statue). Mais ce qui sauve littéralement le film, c’est sa réalisation. Déjà, le noir et blanc est sublime. Il a un grain très particulier, une très belle lumière. Mais ce sont surtout les cadres qui m’ont véritablement convaincu, avec des plans qui entraînent le film dans des genres différents (fantastique, horreur).

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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