New York Melody – John Carney

    New York Melody – John Carney

    New-York-Melody-02Le billet d’avion en poche, Gretta passe sa dernière nuit à New York avant de s’envoler pour Londres. Accompagnant un ami dans un pub, ce dernier la pousse à monter sur scène pour chanter une de ses chansons. Sur place, Dan, producteur de musique sur le déclin en train de se saouler au bar, voit en la jeune femme un talent naissant. Comme dans Once, John Carney raconte la réunion de deux âmes seules à travers la musique (« Lost Souls », chante Adam Levine). Et comme dans Once, les chansons viennent recouvrir presque entièrement le film.

    Oubliez le titre français qui laisse présager d’une médiocre comédie romantique. En VO, le film s’appelle Begin Again. Recommencer à nouveau. Pour les personnages, il s’agit en effet de commencer une nouvelle vie (la jeune femme qui veut rebondir après sa désillusion et le producteur de musique qui se cherche un second souffle). Mais le titre prend en réalité de multiples sens. Il symbolise par exemple le travail d’un musicien qui doit répéter encore et encore ses morceaux en session d’enregistrement, ce qu’illustre d’ailleurs à sa manière le film, en répétant allègrement le même morceau. D’autre part, et sans trop en dire, le titre prend une autre signification évidente lors des dernières minutes du film. Enfin, étant donné les pitchs finalement assez proches de New York Melody et Once (le précédent film de John Carney réalisé pour une poignée de dollars), Begin Again vient également commenter l’entreprise du cinéaste qui consiste d’une certaine manière à refaire le « même » film avec, cette fois-ci, un budget hollywoodien. Heureusement, John Carney conserve globalement le même style, où tout passe par la musique, y compris les sentiments comme dans cette très belle virée nocturne où les deux personnages se racontent leurs souvenirs en partageant leurs chansons favorites. Mais malgré tout, on sent une peur chez le réalisateur d’être affilié à cette énorme machine qu’est Hollywood. Une volonté de ne pas (totalement) rentrer dans le système, finalement à l’image du personnage de Gretta (la séquence post-générique en est la parfaite illustration).

    Sinon, New York Melody fait preuve d’une certaine fraîcheur. Le couple Knightley-Ruffalo fonctionne très bien, les chansons restent en tête et quelques scènes restent en mémoire malgré quelques clichés assez grossiers sur l’industrie musicale. Mais on retiendra aussi et surtout cette volonté de résister à la comédie romantique, pour finalement apparaître comme un autre type de comédie, que l’on ne dévoilera pas. Et c’est vraiment à la toute fin que New York Melody dévoile ainsi sa véritable identité. Dans un genre aussi balisé que le sien, on ne s’en plaindra pas.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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