Braid – Jonathan Blow

    Braid – Jonathan Blow

    Braid-screen01Braid est un jeu important. Un de ces rares titres capables de bouleverser, d’offrir une réflexion qui dépasse largement le cadre du jeu. Une oeuvre mature qui, une fois achevée, marque durablement le joueur.

    Le scénario de Braid débute comme n’importe quel épisode de Super Mario Bros. : une princesse kidnappée qu’un héros part secourir. Pourtant, si le jeu en reprend quelques éléments (tuyaux d’où émergent des plantes carnivores, monstres sur lesquels il est possible de sauter sur la tête, canons), Braid est davantage un titre de réflexion (dans tous les sens du terme, d’ailleurs) qu’un jeu de plates-formes.

    Il repose sur un concept de manipulation temporelle qu’il modifie dans chacun des cinq mondes proposés. Le héros, en costume cravate, a en effet le pouvoir de revenir dans le passé, ce qui le rend invincible. Conséquence, le game-over n’est plus. Toute la difficulté du jeu réside dès lors dans la résolution des énigmes basées sur ces pouvoirs temporels. Dans un monde, la flèche du temps est liée aux déplacements du héros. Dans un autre, grâce à un anneau magique, il peut créer une petite zone où le temps est ralenti. L’une des plus grandes réussites de Braid est de proposer des énigmes tortueuses, délicieusement réfléchies, parfois difficiles mais jamais impossibles. Rarement la satisfaction de venir à bout d’une énigme n’aura procuré autant de plaisir, voire de fierté.

    Le grand puzzle que forme Braid ne se limite pas à ces brillantes énigmes. Il concerne aussi son récit. Bien que limité à quelques pages lues en prologue de chaque nouveau monde, l’histoire de Braid est un trésor d’interprétations, aux relents lynchiens, dont la réflexion, à partir des pistes laissées par Jonathan Blow, est au moins aussi intéressante que le reste du jeu. Et finalement, c’est une fois le jeu terminé, après un épilogue bouleversant et remarquable de cohérence -d’ores et déjà mémorable dans l’histoire du jeu vidéo-, que Braid commence seulement à se dévoiler… pour ne plus vous lâcher.

    P.S. : N’hésitez pas à lire tout ce qui se dit sur le titre sur les forums et autres. Certaines choses sont étonnantes, troublantes et même convaincantes.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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    1 Commentaire

    1. Castle Crashers, de The Behemoth « the art is on fire · 12 novembre 2008 Répondre

      […] réserve décidément de bien belles surprises. Après le chef d’oeuvre de Jonathan Blow, Braid, c’est au tour de Castle Crashers de se faire remarquer. Certes, on ne joue pas ici dans la […]

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