The Last of Us – Naughty Dog

    The Last of Us – Naughty Dog

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    The Last of Us débute par un traumatisme. Dont on ne mesure pas dans un premier temps à quel point il va déterminer des suites de l’aventure. C’est cet événement qui va conditionner toutes les actions de Joel, lequel va peu à peu mettre tout en œuvre pour éviter de revivre ce traumatisme, quel qu’en soit le prix. The Last of Us apparaît avant tout comme le récit d’un deuil impossible. Partant de là, le final, qui n’a pas toujours été très bien accueilli, apparaît pourtant comme le prolongement logique de la psychologie de Joel. Et c’est sans aucun doute à travers l’ambiguïté soulevée par cette conclusion qu’il se révèle si audacieux. C’est sans doute l’une des plus courageuses que l’on ait pu voir dans un jeu vidéo. Cette fin met à l’épreuve notre morale (aurait-on réagi de la même manière ?) et parvient à rendre incroyablement triste ce que le joueur a pourtant secrètement désiré. L’épilogue caresse en effet notre désir de voir les personnages s’en sortir, et on mentirait si on n’avait pas été totalement du côté de Joel lorsque ce dernier court dans les couloirs de l’hôpital avec Ellie dans les bras (c’est d’ailleurs brillamment retranscrit par le gameplay).

    Ce qui est terrible dans ce final, c’est qu’il s’achève sur le mensonge de Joel, promettant à Ellie qu’il raconte la vérité au sujet de ce qu’il s’est passé chez les Lucioles. Mais il est bien difficile de blâmer Joel, même si son égoïsme a peut-être gâché une chance inouïe de « sauver » le monde, venant rompre avec cette célèbre maxime : « Qui sauve une vie, sauve l’humanité toute entière ».  Ce qui est sûr, ce que Joel a perdu tout espoir de jours meilleurs et, surtout, il n’a pu se résigner à perdre Ellie (et ainsi revivre la mort de sa fille). Le joueur est ainsi tiraillé entre divers sentiments contradictoires. Mais ce qui rend ce final aussi dur, c’est avant tout dans les yeux d’Ellie qu’on le lit. Cette dernière ne semble pas dupe du mensonge de Joel, et c’est peut-être cette « trahison » qui donne à cette fin son goût si amer. On aimerait qu’Ellie comprenne le geste de Joel, qu’elle comprenne qu’il était viscéralement impossible pour lui d’agir autrement.

    Dans une Amérique ayant perdu toute humanité, Joel a toujours cherché à protéger Ellie. Sur ce point, le titre propose une réflexion passionnante, et pour le moins inédite dans un jeu vidéo. Il ne s’agit pas ici de protéger le personnage mais au contraire de lui apprendre à se défendre tout seul. Même si Joel refuse un temps de donner une arme à Ellie, il doit finalement s’y résigner. Ce qui fait passer The Last of Us pour un anti-Ico. La question de la violence se fait centrale dans le jeu de Naughty Dog. Elle apparaît comme un discours sur l’histoire de l’Amérique, que les héros traversent comme dans un road-movie. Ce qui est fascinant ici, c’est de voir de quelle manière cette violence contamine les personnages. Si elle est omniprésente, elle est aussi de plus en plus forte, de plus en plus animale au fil du récit. Le titre parvient brillamment à nous le représenter à travers les scènes d’action du jeu, et principalement lors des séquences d’achèvement où Joel s’acharne de plus en plus violemment sur ses adversaires pour les mettre définitivement hors d’état de nuire. Peu à peu, les personnages reviennent à leur état primitif. Lorsque le joueur prend pour la première fois le contrôle d’Ellie, c’est pour une séquence de chasse qui vient sceller définitivement ce que Joel a un temps tenté de combattre. Ellie peut dorénavant se défendre toute seule et doit chasser, tuer pour survivre. La survie, au-delà de toutes considérations sensées, c’est la seule chose en laquelle croit encore Joel.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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    4 Commentaires

    1. Top Jeu vidéo 2013 | Critikall : Cinéma, Série, Jeu vidéo. · 23 janvier 2014 Répondre

      […] The Last of Us – Naughty Dog 2. GTA V – Rockstar 3. Gone Home – The Fullbright Company 4. Device 6 – […]

    2. Dyades · 29 décembre 2013 Répondre

      Oh non, pas le Bruno 😉

    3. Ptibruno · 29 décembre 2013 Répondre

      D’accord aussi , et c’est rare de trouvé quelqu’un qui pense comme moi , comment aurait on pu vouloir une autre fin ?

    4. Dyades · 29 décembre 2013 Répondre

      On ne peut plus d’accord !

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