Top Jeu vidéo 2013

    Top Jeu vidéo 2013

    Allez, il est grand temps d’en terminer avec 2013 mais je ne pouvais pas le faire sans publier mon top jeu vidéo de l’année passée. Je n’ai ici sélectionné que dix titres. Pour le coup, ça ne rimait pas à grand-chose de tous les classer. Quoiqu’il en soit, comme pour le cinéma et les séries, je me suis arrêté sur chacun de ces dix jeux. A noter que j’ai loupé quelques titres, avec une pensée particulière pour The Stanley Parable qui aurait peut-être eu sa place dans le top 10.

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    1. The Last of Us
    Si je ne devais retenir qu’une séquence en 2013 dans le jeu vidéo, ce serait sans doute ce final de The Last of Us qui, comme rarement, m’a profondément marqué. Une conclusion qui place le joueur comme témoin des choix de Joel et de son mensonge, lequel se veut l’expression de l’état d’un monde où la nature a finalement repris ses droits sur celle de l’homme. Il serait toutefois injuste de résumer le jeu à son seul épilogue. Le titre est en effet traversé de passages fantastiques (celui avec la girafe pour n’en citer qu’un autre) et repose sur le jeu impeccable de ses personnages. The Last of Us s’apparente finalement à une bouleversante montée en puissance qui ne pouvait qu’aboutir sur cette conclusion amère mais néanmoins courageuse.

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    2. GTA V
    Moins sombre que les aventures de Niko Bellic, moins morale aussi, GTA V demeure un portrait au vitriol fascinant de la société américaine (caricature de Facebook, des émissions de télé-crochet, d’Hollywood…). C’est aussi un prodigieux tour de force. Visuel d’abord, si bien que l’on se surprend à contempler les différentes ambiances du jeu (le Los Angeles de nuit à la Michael Mann est à tomber). Mais c’est aussi un exploit narratif pour un jeu en monde ouvert puisque GTA V apparaît comme le récit croisé de trois gangsters : Michael, Franklin et surtout Trevor, l’un des plus grands personnages jamais créés par Rockstar (l’acteur qui le joue mériterait presque un Oscar). Impossible enfin de passer sous silence le talent des dialoguistes du jeu qui parviennent à rendre n’importe quelle balade en voiture en une grande scène.

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    3. Gone Home
    Avec presque rien, Gone Home donne pourtant beaucoup. Le titre apparaît comme une leçon de level design dans la manière qu’il a de nous raconter une histoire à travers un décor ; une grande maison dont on découvre l’intérieur en même temps que le personnage que l’on contrôle.  En feuilletant des journaux intimes, des notes laissées par les occupants de la maison ou simplement en observant leurs objets, le jeu s’attaque à des thèmes rarement abordés dans le jeu vidéo (la sexualité, le passage à l’âge adulte), le tout avec une infinie délicatesse. Tout en s’amusant des codes du jeu vidéo, Gone Home fait constamment confiance à l’imagination du joueur pour que ce dernier vienne combler à sa manière les trous volontairement laissés dans le récit.

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    4. Device 6
    Le jeu iOS de l’année. D’une folle intelligence, s’emparant comme aucun autre la technologie de l’iPhone, Device 6 s’apparente à un dédale textuel où, d’énigme en énigme, le joueur prend peu à peu conscience de l’expérience dans laquelle il est entraîné. Rappelant fortement l’immense roman de Mark Z. Danielewski, La Maison des feuilles, le jeu se résume à une succession de textes à la mise en forme éclatée où de rares images viennent illustrer les différents lieux traversés par ce personnage perdu sur une île étrange. Étrange, voire même lynchien (fabuleux casse-tête vocal où les paroles se révèlent enregistrées à l’envers), Device 6 distille son suspense avec une rare maîtrise.

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    5. Papers, Please
    Ressuscitant l’ère soviétique, Papers, please place le joueur dans la peau d’un garde-frontière chargé de valider (ou non) l’entrée d’immigrants en Arstotzka, pays fictif à la dictature communiste. Mais loin d’une simulation de douanier ennuyeuse, le titre révèle d’abord un gameplay plus riche qu’il n’y paraît, tout en soulevant de nombreuses questions sur la portée et le sens de nos actions. Ne se montrant jamais sinistre (le personnage récurrent du vieux monsieur, très drôle), Papers, please n’en oublie ainsi jamais d’être un jeu vidéo, tout en nous faisant réfléchir sur la question de la survie dans un régime totalitaire.

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    6. Tomb Raider
    S’il doit beaucoup à la série Uncharted, Tomb Raider n’en demeure pas moins une expérience époustouflante. En partie dans sa manière qu’il a de dévoiler peu à peu un corps mis à mal (le côté sadique du titre est fascinant), pour le voir finalement se libérer et prendre peu à peu les traits de l’héroïne que l’on connaît. C’est très fort parce que c’est généralement révélé par l’image, voire même le gameplay (la montée sur l’antenne, superbe scène). De manière plus prosaïque, c’est un prodigieux blockbuster.

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    7. Metal Gear Rising : Revengeance
    Il y avait tout à craindre de ce spin-off à la mythique série Metal Gear. Et en même temps, on se doutait bien que les magiciens de PlatinumGames (Bayonetta, Vanquish) renouvelleraient une nouvelle fois le genre du beat’em all avec une insolente réussite. Le titre est une merveille à jouer, courageux dans sa maniabilité, ingénieux dans sa proposition. Et puis, derrière l’excellence du gameplay, le titre parvient à s’échapper de la simple série B à laquelle on pourrait trop rapidement le cataloguer. Ça se joue en vérité à son humour, quasiment du jamais-vu. Metal Gear Rising : Revengeance, c’est ce jeu qui n’hésite pas à faire dire des tirades profondes à son héros en le coiffant d’un sombrero, sous le regard d’un enfant. Forcément génial.

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    8. Year Walk
    2013, l’année de Simogo. Avant Device 6, le studio suédois avait déjà sorti Year Walk en février. Un titre assez étrange, lui aussi, même si plus identifiable puisqu’il se présente comme un jeu d’aventure un peu plus classique. S’inspirant d’histoires issues du folklore suédois, sa narration, elle, est en revanche beaucoup moins classique. Dans une ambiance quelque peu malsaine mélangeant le surnaturel et l’horreur, Year Walk nous entraîne dans une étrange balade au milieu d’une forêt enneigée jusqu’à son générique final. Mais l’expérience ne s’arrête pas là et se poursuit à travers une application annexe qui se présente comme un journal de bord du créateur, dans lequel il retrace son travail de documentation pour la réalisation du jeu. Sauf que l’ensemble prend finalement des allures de faux-docu et devient de plus en plus inquiétant au fil de la lecture, tout en apportant de nouvelles pièces à l’aventure. Inédit et brillant.

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    9. BioShock Infinite
    Surestimé, BioShock Infinite mérite néanmoins sa place dans le classement. Pour son univers moins que pour son récit aveuglé par une volonté à nous sidérer. Mais la description d’un monde totalitarisme et la manière de nous révéler l’envers de son décor en carton emportent malgré tout le morceau. Troué de saillies saisissantes (les failles spatio-temporelles), BioShock Infinite pèche par excès d’orgueil mais son trop-plein et son aspect foutraque participent aussi à sa réussite.

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    10. Bravely Default
    Chaque année, on entend que le RPG japonais est mort. Et chaque année, on trouve au moins un titre pour contredire cette « vérité ». Donc non, le RPG japonais n’est pas mort. Et Bravely Default en est la nouvelle preuve. Ce qui le distingue par ailleurs, derrière son classicisme assumé (combats aléatoires et au tour par tour), c’est sa seconde partie aussi redondante que diabolique. Elle apparaît à la fois comme une critique du genre qu’un moyen de nous mettre face à nos propres choix de joueur. Inattendu donc bienvenu.

    1. The Last of Us – Naughty Dog
    2. GTA V – Rockstar
    3. Gone Home – The Fullbright Company
    4. Device 6 – Simogo
    5. Papers, Please – Lucas Pope
    6. Tomb Raider – Crystal Dynamics
    7. Metal Gear Rising : Revengeance – PlatinumGames
    8. Year Walk – Simogo
    9. BioShock Infinite – Irrational Games
    10. Bravely Default – Silicon Studio

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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