Top Jeu vidéo 2014

    Top Jeu vidéo 2014

    Comparée à 2013, année époustouflante pour le jeu vidéo, qui nous offrait des titres de fin de génération fabuleux (GTA V, The Last of Us, Tomb Raider…) mais aussi de très grands jeux indé parmi les plus éblouissants jamais vus (Gone Home, Papers, Please, The Stanley Parable…), 2014 se révèle beaucoup plus fade. Et notamment pour le jeu indépendant qui semble avoir un peu de mal à se renouveler. Reste quelques titres forts, même si aucun ne fait réellement figure de chef-d’oeuvre. Ce qui ne m’empêche pas d’être pleinement satisfait des dix titres que j’ai retenu cette année et sur lesquels je reviens en quelques mots (NB : Kentucky Route Zero – Acte III ne figure pas dans ce top car j’attends que la série soit terminée pour la classer, le titre aurait sans cela largement eu sa place dans le classement, sans doute même à la première place).

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    1. The Evil Within
    Quelque part entre eXistenZ et Inception, en plus cauchemardesque, The Evil Within a beau avoir la gueule d’un blockbuster, il se définit avant tout comme un grand jeu d’auteur. Ainsi, s’il est un formidable survival-horror, stressant et mystérieux, qui tient le joueur en haleine pendant près de vingt heures de jeu, il est avant tout un titre de Shinji Mikami. Prenant des airs de suite non officielle à Resident Evil 4, The Evil Within apparaît aussi comme la réponse de Mikami à Capcom, le geste d’un auteur qui a eu le « final cut » (une séquence semble directement faire référence à une scène coupée de Resident Evil 4) pour donner la leçon à tous les autres. On ne sait pas si le titre fera date comme a pu être le quatrième volet de la saga (sans doute que non car il n’invente rien contrairement à ce dernier), mais c’est le plus grand titre du genre sorti depuis… eh bien depuis Resident Evil 4.

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    2. The Last of Us: Left Behind
    Retrouver un DLC dans un top 10 témoigne sans doute d’une année assez faible. Sauf que ce Left Behind vaut bien tous les jeux et dépasse son staut de scénario additionnel. Se déroulant en partie avant l’immense The Last of Us, il se permet même une narration ingénieuse, quasi expérimentale. Au final, le titre contient quelques-unes, sinon les plus belles séquences vues cette année dans un jeu vidéo et s’offre un montage parallèle époustouflant où, d’un côté, il sublime l’infiltration du jeu original, et de l’autre, la puissance de sa narration (les scènes entres les deux gamines sont mémorables).

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    3. Always Sometimes Monsters
    Si le jeu vidéo s’est beaucoup intéressé à la morale ces derniers mois (sous l’impulsion du Walking Dead de Telltale), il l’a parfois (souvent ?) fait de manière un peu superficiels ou forcés. Always Sometimes Monsters est certainement celui qui s’est le mieux approprié la question de la moralité en plaçant les cas de conscience du joueur dans une aventure réaliste (on pense à un Shenmue en mode RPG Maker), rendant chacun des choix d’autant plus forts tant ils trouvent une vibrante résonance. Avec peu de moyens, Always Sometimes Monsters offre surtout une fascinante réflexion sur la vie, sa routine, la manière dont celle-ci peut basculer à tout moment, et aussi sur les actions que l’on mène pour tenter de s’en sortir, sans que, jamais, le titre ne vienne juger de nos actes. Longtemps après son générique de fin, Always Sometimes Monsters continue de faire réfléchir le joueur sur ce qu’il vient de vivre.

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    4. Metal Gear Solid V: Ground Zeroes
    Le titre le plus incompris de l’année ? Obnubilée par la question de la durée de vie, la critique est globalement passée à côté de ce prologue de luxe, annonçant un Phantom Pain prodigieux. Parce que Ground Zeroes est une leçon de monde ouvert. A l’image de sa cinématique d’introduction, le titre n’est finalement qu’un long plan-séquence où Snake évolue dans un camp de prisonnier. Offrant quelques idées brillantes, mettant à peu près tout le monde à l’amende dès qu’il s’attaque à l’infiltration, Ground Zeroes révèle aussi une grande noirceur qui se transforme peu à peu en une explosion de violence, jusqu’à devenir quasi insoutenable (la fameuse scène d’opération sans anesthésie). Une nouvelle fois, cela augure d’un Phantom Pain bien sombre.

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    5. Bayonetta 2
    Sauvé par Nintendo, la sorcière de Platinum a finalement eu le droit à un second épisode. On ne saurait trop les remercier tant Bayonetta 2 retrouve toute la démesure et la fluidité du premier volet. Platinum démontre une nouvelle fois tout son talent en nous offrant un spectacle épique et le plus beau beat’em all vu depuis Bayonetta.

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    6. Far Cry 4
    Malgré des facilités scénaristiques énormes, un récit pas toujours maîtrisé, Far Cry 4 apparaît comme l’une des expériences les plus immersives de l’année. Un monde ouvert luxuriant où la faune vient se mêler à une guerre civile très bien rendue, alors que des messages de propagande se font entendre sur les ondes radio. Au-delà de ça, c’est un FPS carré, ponctué de séquences d’infiltration très bien réalisées.

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    7. Neverending Nightmares
    Avec The Evil Within, c’est l’autre grand cauchemar de l’année. Plus « réaliste » (le jeu s’inspire du combat contre la dépression de son auteur), plus malsain, Neverending Nightmares nous entraîne dans une boucle lynchienne sans fin où les images traumatisantes (suicide, meurtre, visions d’horreur…) s’accumulent dans une forme d’escalade qui confine à la folie pure. S’appuyant sur un noir et blanc crayonné effrayant (seul le sang a le droit à sa couleur rouge), Neverending Nightmares est une oeuvre jusqu’au-boutiste qui ne laisse pas indifférente.

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    8. The Sailor’s Dream
    S’il se concentre essentiellement sur mobiles, Simogo n’en demeure pas moins l’un des studios les plus stimulants actuellement dans le jeu vidéo. L’année dernière, déjà, avec Year Walk et surtout Device 6, le titre bluffait son monde avec une forme narrative totalement originale alliée à des énigmes éblouissantes. Et on sentait déjà que Simogo délaissait peu à peu le jeu pour se concentrer sur l’histoire, et la manière de la raconter. The Sailor’s Dream poursuit ainsi cette direction et nous plonge dans les mémoires d’un marin qui a tout quitté pour prendre la mer. Le récit se fait par petites touches, à travers des objets qui viennent réveiller de vieux souvenirs ou des bouteilles à la mer qui renferment des chansons folk… Jouant sur le timer de nos appareils iOS et offrant une direction artistique de toute beauté, The Sailor’s Dream est un titre précieux.

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    9. Soldats Inconnus : Mémoires de la Grande Guerre
    S’il est un jeu d’aventure assez basique, pas toujours très fin (les phases de QTE bien lourdes), Soldats Inconnus vaut essentiellement pour la façon dont il se raconte. Comment il mêle la petite histoire avec la grande Histoire. Le projet semblait casse-gueule mais le titre évite tous les écueils et trouve un parfait équilibre entre l’émotion et l’horreur de la guerre, à travers une mise en scène parfois très astucieuse. Il s’autorise même quelques pointes d’humour bien venues, ainsi que des séquences de course-poursuite qui prennent la forme d’une comédie musicale.

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    10. D4: Dark Dreams Don’t Die
    C’est peu de dire que l’on attendait le nouveau projet de SWERY (Deadly Premonition) avec impatience. Si l’on ne cache pas une légère déception, il y a dans D4 un univers tellement marqué, et même complètement barré, des personnages tellement géniaux et un humour tellement singulier qu’il est difficile de ne pas y voir l’un des titres les plus atypiques de ces dernières années.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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