Breaking Bad – Saison 5 – AMC

    Breaking Bad – Saison 5 – AMC

    242c3638b7d3aa203e0f6a706700b8bdSpoilers ! Ne pas lire si vous n’avez pas vu l’épisode final de Breaking Bad.

    On ressent toujours une forme de tristesse au moment de quitter définitivement une série, surtout lorsque celle-ci est du niveau de Breaking Bad, qui aura considérablement marqué les six dernières années. Impossible alors de ne pas ressentir un petit frisson au moment où le générique d’introduction s’affiche une dernière fois à l’écran. Parce qu’il est temps maintenant de dire au revoir à Jesse, Skyler, Hank et, par-dessus tout, Walter White.

    S’il aura été magistralement accompagné, c’est autour de lui que la série a toujours tourné. Ce père de famille d’une cinquantaine d’années qui se découvrait un talent incroyable dans la production puis la distribution d’une meth bleue à la pureté inégalée. Avec Breaking Bad, on assistait finalement à la libération d’un homme ordinaire qui avait ainsi l’opportunité de vivre une vie extraordinaire. Et cette vie, il l’a choisi, même s’il s’en est caché auprès des siens, arguant à chaque fois qu’il faisait ça pour sa famille (c’était peut-être le cas au début avant qu’il se prenne totalement au jeu). Mais dans cet ultime épisode, et pour la première fois, il exprimera clairement à Skyler qu’il faisait ça pour lui, parce qu’il aimait ça, qu’il était doué pour ça et que ça le faisait se sentir vivant. A cet instant, Walter ne ment plus. Skyler le sait et pourra peut-être commencer à lui pardonner. La scène qui suit cet aveu, lorsque Walt demande à voir une dernière fois Holly, est bouleversante. Un geste d’amour que l’on avait oublié de la part du personnage. C’est sans doute la plus grande réussite de Vince Gilligan et de son équipe, celle d’avoir constamment joué avec l’ambiguïté de son personnage. On l’a parfois détesté et il a souvent été trop loin (Jesse en sait quelque chose) mais on n’a jamais vraiment pu s’empêcher de ressentir une certaine compassion pour lui.

    Certains ont pu reprocher à ce series finale d’être sans surprise, trop sage par rapport au spectaculaire quatorzième épisode (Ozymandias). Il apparaît pourtant comme une conclusion logique, parfaite. Il offre à la fois tout ce que l’on peut attendre d’un tel épisode. Il prend non seulement le temps de dire adieu à tous les personnages, en ayant notamment recours à un court et beau flashback, mais il boucle aussi l’ensemble avec une cohérence éblouissante. On pense à cette fabuleuse séquence chez les Schwartz (Noir en allemand en opposition à White), d’une tension incroyable. Tension qui ne nous quittera pas de tout l’épisode. On pense aussi à la présence de Badger et Skinny Pete. Mais surtout à cette manière dont l’épisode s’attache à montrer l’amour de Walt pour l’entreprise qu’il a créé, et plus particulièrement pour sa meth bleue, qui lui aura finalement permis de vivre la vie qu’il voulait.

    Amusant par ailleurs de voir de quelle manière Walter White se meut dans cet épisode, quasiment comme un fantôme. Il se déplace sans qu’on l’aperçoive chez les Schwartz. Plus tard, il est déjà présent dans le cadre mais se révèle au spectateur après à un mouvement de caméra (celui magnifique chez Skyler ou dans le café). Il faudrait d’ailleurs accorder un article entier à la qualité et à l’intelligence de la mise en scène, laquelle a su imposer comme peu d’autres séries une véritable identité reconnaissable en quelques plans.

    Cet épisode final apparaît presque apaisé et marque à l’évidence une libération pour les personnages. Pour Jesse, d’abord. Son cri final résonnera encore longtemps. Et pour Walt bien sûr. On pourrait presque parler de happy end si, en se retournant sur les cinq saisons qui se sont écoulées, les deux dernières années de M. White n’étaient pas jonchées d’événements tragiques. Demeure tout de même cette impression que Breaking Bad se termine exactement comme elle devait finir, sans rien forcer, et surtout pas les retrouvailles tant attendues entre Walt et Jesse. Tout semble à sa place jusqu’à cette dernière scène où, dans le reflet d’une cuve, Walter White s’écroule dans la poussière d’un hangar transformé en laboratoire, sur la musique de Badfinger, Baby Blue. BB, les mêmes initiales que Breaking Bad. Ultime détail de cette immense série que l’on n’est pas prêt d’oublier.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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    4 Commentaires

    1. nicolas · 12 octobre 2013 Répondre

      Une des plus grandes séries oui, un chef d’œuvre. Je me fais le rewatch en ce moment d’ailleurs, c’est un vrai bonheur. J’ai été déçu par le final personnellement, un manque d’émotion global, quelque chose de trop rigide, trop linéaire, quasiment sans surprises et qui a enchainé, surtout dans ses 10 dernières minutes, des facilités que la série n’avait jamais montré (le coup des clés, de la voiture qui se gare mal, de la non vérification du coffre, du concours de zizi entre jack et Walt, la balle perdue, etc) tout ça condensé dans les dernières scènes, ça m’a beaucoup gêné, la série n’avait jamais fait ça auparavant.

      Reste une immense série, malgré tout, 3e de mon top, qui aura bien du mal à en bouger.

    2. Top AMC | Critikall : Cinéma, Série, Jeu vidéo. · 12 octobre 2013 Répondre

      […] c’est parce que AMC a su débarquer en force avec deux très grandes séries : Mad Men et Breaking Bad. Avec The Walking Dead, la chaîne connut aussi de plus grosses audiences mais la série reste […]

    3. David Butelet · 6 octobre 2013 Répondre

      Une des toutes meilleures séries. Une mise en scène originale et percutante, une montée en puissance et descente aux enfers contrôlées, pas de saisons inutiles, des personnages cohérents et hyper attachants.

      A voir d’urgence !

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