Fringe – Saison 5 – FOX

    Fringe – Saison 5 – FOX

    fringe-saison-5-photoMon rapport avec Fringe est sans doute très personnel. Et peut-être que je l’aime plus que de raison. Pourtant, mon amour pour la série a mis du temps avant de se dessiner. Après une première saison X-Filesienne qui peinait surtout à trouver son identité, Fringe a finalement su se démarquer en s’intéressant à l’intime plutôt qu’au gigantisme de son intrigue (mondes parallèles, voyage dans le temps).

    Avec cette saison 5, qui semble a priori totalement déconnectée du reste, la série retombe pourtant admirablement sur ses pattes. Comme souvent, elle s’amuse à jouer avec différentes œuvres de la culture populaire, elle s’auto-cite aussi pour finalement former une boucle cohérente qui ne laisse à aucun moment le spectateur sur le côté, sans pour autant délaisser certaines interprétations. D’une certaine façon, cette saison 5 répond aux attentes des spectateurs. D’ailleurs, si cette saison existe, c’est également dans le but de mettre un point final à la série. Mais, paradoxalement, cette dernière saison ne cache pas son caractère déceptif. En effet, tout y est joué d’avance. Dès le début de celle-ci, on devine comment tout cela va finir. Et c’est pourquoi le final se révèle aussi peu surprenant. C’est ce qui fait sa force.

    Car, finalement, on se fout de savoir si Olivia et les siens vont réussir à sauver le monde (on sait qu’ils y arriveront), ce qui importe, c’est ce que cela entraîne pour les personnages, de voir comment les événements font écho à leur passé et à tous ce que l’on a vécu avec eux pendant cinq saisons. Forcément, il est impossible de ne pas ressortir un personnage, qui émerge assez largement du lot, et dont l’interprétation n’aura jamais été reconnue à sa vraie valeur. Ce personnage, c’est Walter Bishop (John Noble), dont la folie et la fragilité auront illuminé la série toute entière. Sa relation avec Peter apparaît sans aucun doute comme l’une des plus belles relations père-fils que l’on ait pu voir. Celle d’une perte tellement insoutenable, qu’il aura franchi toutes les barrières (éthiques, scientifiques) pour y récupérer un fils.

    Toute la série, ou presque, tourne autour de cet acte et de ses conséquences (immorales et pourtant salvatrices puisque cet acte d’amour insensé aura « libéré » le mystérieux Observateur et, par la même occasion, changer le futur, même s’il aura aussi failli détruire un autre monde). Depuis la saison 4, on sentait que cet acte ne pouvait pas rester impuni. Que Walter devrait tôt ou tard en payer les conséquences. Et c’est finalement en reproduisant le même geste (accompagné un enfant à travers un vortex) qu’il finira par trouver la rédemption. Une rédemption symbolisée par une tulipe blanche reçue par Peter (en écho à un ancien épisode), et qui vient clore cette très belle série.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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