Halt and Catch Fire – Saison 1 – AMC

    Halt and Catch Fire – Saison 1 – AMC

    halt-and-catch-fire-02Mis à part peut-être pour les geeks ou les nerds, on ne peut pas dire qu’une série sur le monde de l’informatique fasse particulièrement rêver. Mais après tout, David Fincher a bien réussi à rendre la création de Facebook absolument passionnante avec The Social Network. Halt and Catch Fire en reprend d’ailleurs un peu la tonalité esthétique, avec ces couleurs très ternes. Et pour ce qui est de la forme, la série d’AMC se montre assez irréprochable avec une reconstitution très réussie des années 80, qui ne se sent pas obligé d’en rajouter sur les clichés vestimentaires ou capillaires pour davantage viser le réalisme.

    Comme avec presque toutes ses séries, AMC retrace ainsi l’histoire américaine en nous plongeant au début des années 80 à une époque où l’informatique est en pleine expansion. Et comme souvent, on y suit des pionniers du genre. Trois personnages qui, chacun dans leur domaine, apparaissent comme des visionnaires. Et si on pense à Mad Men au départ, la série s’en démarque finalement très vite. Bref, pendant douze épisodes, on les voit construire une machine dont les trois personnages espèrent qu’elle viendra bouleverser le monde de l’informatique. Et l’un des intérêts de la série, c’est de voir de quelle manière, ils vont être rattrapés par les limites de la technologie ou se confronter à la réalité du marché. Mais il est clair qu’on sent chez chacun d’eux une volonté de voir plus loin. La fille du groupe, notamment, anticipe déjà les bouleversements à venir comme Internet. Ce qui aurait pu être vite rébarbatif ou croulant sous les termes techniques apparaît finalement comme une série passionnante, en grande partie grâce à ses personnages. Chacun cache des secrets ou des blessures intérieures mais ils partagent une même ambition, qui confinent parfois à la folie (chez Gordon, surtout). L’écriture se révèle ainsi très soignée et, entre autres choses, on apprécie le portrait fait du couple, loin des clichés attendus.

    Reste à espérer que son titre – qui fait référence à une instruction prétendument développée chez IBM qui aurait permis l’autodestruction de l’ordinateur – ne vienne pas s’appliquer à une série qui aura heureusement le droit à une seconde saison (ouf !). On se demande en effet comment les personnages, et finalement la série, se relèveront de cette présentation inoubliable du premier Macintosh d’Apple. Alors que Cameron et Gordon se battent pour savoir s’ils doivent conserver un OS humanisé, Joe MacMillan, décomposé, découvre dans une chambre d’hôtel qu’Apple propose un ordinateur dévoilant un OS encore plus perfectionné où l’on clique sur des fichiers avec une souris, au lieu de balancer des commandes, et où l’IA « parle » à l’utilisateur. La scène est fabuleuse. Magique. Et, sans aucun doute, on sera là pour voir de quelle façon les personnages s’en remettront…

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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