Hannibal – Saison 2 – NBC

    Hannibal – Saison 2 – NBC

    Hannibal-Saison2-01La première saison d’Hannibal fut l’une des plus belles surprises l’année dernière. Et d’autant plus que la série est diffusée sur NBC. Derrière ses airs de cop-show classique, où chaque épisode mettrait aux prises les personnages avec une nouvelle enquête, on découvre d’abord une série beaucoup moins schématique, laissant son fil rouge prendre peu à peu le dessus. Hannibal révèle surtout une esthétique incroyablement léchée, à l’image des meurtres, travaillés et stylisés à l’extrême. Par un jeu de couleurs phénoménal, où rien ne semble avoir été laissé au hasard (choix des costumes, des décors), la série déploie une ambiance très froide. Clinique. A l’image de celui qui incarne Hannibal Lecter, Mads Mikkelsen. Et puis, peu à peu, comme contaminés par les hallucinations de Will Graham, les épisodes apparaissent de plus en plus imprévisibles, ouvrant le terrain à une saison 2 encore plus folle.

    Avec cette saison 2, Bryan Fuller pousse en effet encore plus loin. Il donne libre court à toute son imagination. A tel point que la série en devient quasi-expérimentale. Notamment par l’utilisation de ralentis, comme si le créateur de la série voulait nous faire apprécier chaque détail. D’ailleurs, le dernier épisode donne presque l’impression d’être entièrement filmée au ralenti, retardant avec bonheur l’inévitable, surlignant chacun des événements qui s’y passent pour en décupler la puissance. Avec cette saison 2, Bryan Fuller met quasiment de côté toute son intrigue. Du reste, il ouvre cette deuxième saison avec une séquence de flashforward qui laisse peu de doute quant à l’issue de la saison. Tout en en multipliant le suspense puisque le spectateur est de plus en plus tendu au fil des épisodes, en attendant ce moment qu’il sait inéluctable.

    Cette saison 2 peut ainsi prendre le temps de scruter ses personnages, d’essayer si possible de nous faire rentrer dans leurs têtes (à moins que ce soit dans celle de son créateur ?). La série multiplie alors les scènes d’hallucinations (ce cerf qui hante Will Graham, fabuleuse Némésis). Elle tente de nous faire ressentir les émotions des personnages. Leurs craintes. Leurs peurs. Leurs faiblesses. Cette deuxième saison laisse avant tout la place à un duel psychologique époustouflant entre le profiler et le Dr. Lecter. Et la saison ne raconte finalement que cela. Hannibal sait que Will connaît la vérité sur son identité. Et il s’agit moins de prouver que le psychologue est un tueur en série que de se montrer plus ingénieux que celui-ci en jouant sur son propre terrain. N’hésitant pas à déformer la musique, à s’appuyer sur des sons répétés à l’excès, avec ces tambours perpétuels qui mettent le spectateur dans une position inconfortable, Hannibal apparaît radicale sur la forme, mais aussi sur le fond (le dernier épisode est l’un des plus mémorables season finale vus ces dernières années). Dévoilant toujours une imagerie spectaculaire des meurtres, sans jamais tomber dans le voyeurisme, elle fait plus que jamais de la mort et de la souffrance ses principaux sujets. Et elle le fait en prenant son temps, au ralenti, on l’a dit, comme un couteau que l’on enfoncerait lentement dans la chair. Fascinante et exigeante, cette saison 2 d’Hannibal est d’ores et déjà l’une des grandes réussites de l’année.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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