House of Cards – Saison 1 – Netflix

    House of Cards – Saison 1 – Netflix

    v2-House-Of-CardsBrillante première saison dont David Fincher aura donné dans les deux premiers épisodes son identité (couleur, cadrage, etc.), avant de décider lui-même qui s’occupera de réaliser les onze autres d’une série construite comme un long film découpé en treize actes (sentiment renforcé par la diffusion inédite et simultanée de tous les épisodes).

    Sur certains points, House of Cards rappelle Boss mais se montre finalement très différente. On pense également à Profit avec ce personnage principal qui cherche à gravir les échelons de sa hiérarchie. Son héros, Frank Underwood, est interprété par Kevin Spacey (dans son plus grand rôle). Il incarne le « Majority Whip » du parti démocrate à la Chambre des Représentants. Après s’être vu refusé le poste de secrétaire général, Frank va tout mettre en oeuvre pour leur faire regretter ce choix. Moins qu’une vengeance, Frank y voit une manière de prouver sa valeur, montrer son intelligence supérieur en accédant finalement au poste suprême. Manipulateur implacable, Frank dispose peu à peu ses pions au fil des épisodes (pas étonnant de le voir jouer aux échecs), dans l’unique but d’arriver à ses fins. Ce qui offre quelques très beaux personnages comme celui de Peter Russo, véritable marionnette dont le destin se révèle bouleversant.

    Si la série se concentre sur Frank Underwood, elle ne délaisse donc pas les autres protagonistes, à commencer par sa femme (Robin Wright, elle aussi dans son meilleur rôle ?). Le couple ainsi formé apparaît comme l’une des plus belles réussites de la série (et c’est essentiellement sur ce point que l’on pense à Boss). Un couple d’une force incroyable, qui semble uni par une même ambition (se retrouvant sous leur fenêtre pour faire le point de leur journée), et qui accepte même les infidélités de chacun, du moment qu’elles servent cette ambition. Bien entendu, les choses se révèlent plus complexes, plus ambiguës, et la solidité du couple semble s’effriter au fil de cette première saison. L’autre couple, c’est celui formé par Frank Underwood et la jeune journaliste, Zoe Barnes, avec laquelle s’instaure une relation de confiance (il lui refile des infos, elle grimpe dans la hiérarchie de son journal), et qui là aussi se complexifie rapidement.

    Mais la grande idée de la série, c’est de faire parler Frank Underwood directement aux spectateurs, parfois même en plein milieu d’une scène. Cette connivence permet non seulement de comprendre plus facilement les intentions du personnage mais elle permet surtout au spectateur d’avoir un train d’avance sur les autres personnages (tout comme Frank), d’anticiper aussi certaines conséquences (parfois même avant Frank). Lorsque Frank Underwood fait un discours devant une assemblée, le spectateur sait qu’il en invente chacun des mots, qu’il essaie uniquement de se mettre le public dans la poche (ah les regards caméra complices !). Et c’est finalement toute la série qui se joue de ces fameuses longues séquences de discours à l’américaine où le personnage improvise, préférant déchirer le discours qu’il avait préparé. Pendant un moment, on se demande si le personnage parviendra à être pris en défaut, si sa mécanique bien huilée finira par s’enrayer (une scène l’image joliment).

    On n’en dira pas davantage mais la tournure prise par les événements se révèlent passionnante et nous laisse en haleine dans l’attente de la saison 2. Superbe série politique, House of Cards s’impose aussi grâce à l’excellence de sa mise en scène (image, montage, cadre, durée des plans…), laquelle met brillamment en lumière le parcours des personnages. Drôle mais aussi pessimiste, la série repose également sur une écriture impeccable. Du grand art.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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    2 Commentaires

    1. Jaron · 14 octobre 2013 Répondre

      Je déchante un peu….je ne sais pas pourquoi, mais je n’accroche plus. C’est difficile à dire. Pourquoi? pourquoi je lâche alors que c’est très bien joué, c’est évidemment bien réalisé, mais non, je n’adhère plus au scénario…..Épisode 7, je lâche de plus en plus….Même pas envie d’en savoir plus….
      Je vais finir quand même la saison, mais je ne sais pas….pourquoi?

    2. Jarn · 24 septembre 2013 Répondre

      Vu hier les trois premiers épisodes….j’aime beaucoup pour le moment, les personnages semblent assez fouillés, et j’adore le rôle de Zoe Barnes. J’attends de voir la suite avec impatience.

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