Lost – 10 ans déjà

    Lost – 10 ans déjà

    lost-2J’ai un rapport assez ambigu avec Lost. D’ailleurs, bien que ce ne soit pas une série que je porte forcément aux nues, il m’a fallu un moment avant de commencer à l’apprécier réellement. Mais, indéniablement, c’est une série qui m’a marqué. Contrairement à pas mal de gens, je trouve Lost de mieux en mieux au fil des saisons, et plus précisément à partir de la fin de la saison 3 (si l’on excepte l’excellent pilote). Sans trop de surprise, le déclic est intervenu avec la dernière scène de son season finale. A mes yeux, c’est peut-être le meilleur season finale jamais tourné pour la télévision. D’abord parce qu’il repose sur un cliffhanger incroyable, ce que la série a toujours su parfaitement exécuter, dans une logique sérielle délicieusement frustrante (il suffit de voir les théories qui ont pu alimenter la toile…). C’est bien sûr ce « We have to go back » qui m’a littéralement bouleversé. J’aurais bien dû mal à décrire dans quel état m’a mis cette réplique, pour tout ce qu’elle représentait. Sorte de vertige incroyable, cette scène n’hésitait pas à spoiler les événements à venir puisque l’on comprenait que certains survivants avaient finalement réussi à quitter cette maudite île. Mais ce flashforward fonctionnait en deux temps. Et pour une raison qui m’échappait complètement au moment de la diffusion, ces personnages qui ne désiraient qu’une seule chose (s’échapper de l’île, donc), clamaient soudainement leur nécessité d’y retourner. Je suis véritablement resté sans voix. Je trouvais l’idée démente. Bouleversante. Perturbante, même. La scène m’a hanté pendant très longtemps. A partir de là, c’était gagné. Surtout qu’après ça, la série a pris une dimension dramatique de plus en plus forte. Par exemple, tout ce qui tourne autour de Desmond est fabuleux. Et le carré amoureux entre Kate, Jack, Juliet et Sawyer atteint sur la fin des sommets émotionnels saisissants.

    A vrai dire, Lost est une série que j’ai appris à apprécier avec le temps, bien après sa diffusion. Je ne l’ai pourtant jamais revu, comme si j’avais peur d’être déçu par tout ce que j’avais trouvé formidable il y a dix ans. Mais elle n’a jamais cessé de s’imposer en moi au fil du temps. Parce que même si elle n’est pas sans défaut, elle a inventé une écriture, un style (les fameux centric). Bref, il est bien difficile de ne pas reconnaître ce qu’elle a apporté aux séries télé, de voir combien elle en a influencé. Créée par le même Damon Lindelof, une série comme The Leftovers me l’a même fait réévaluer après coup. Surtout, Lost a porté une telle attention à ses personnages, s’intéressant avant tout à leurs émois, leurs états d’âme, leurs relations, et moins aux (trop ?) nombreux mystères que la série aura semée tout du long. D’ailleurs, la fin, injustement boudée par de nombreux fans, a été mal comprise par beaucoup (et encore même aujourd’hui). Tout le monde s’attendait à ce que la série vienne répondre point par point à toutes les zones d’ombre encore laissées par le scénario (pour ma part, je trouve qu’elle a répondu à pas mal d’interrogations), alors que la série parlait finalement d’autres choses et s’attachait en réalité à dire au revoir à ses personnages, à témoigner de la difficulté de leur dire adieu. A l’écran, Lost ne racontait pas autre chose avec cette zone entre-deux mondes, où Jack et les autres pouvaient se retrouver une dernière fois avant de lâcher prise. Le sublime « Let go ». On ne pouvait imaginer plus belle conclusion…

    Article initialement publié sur le blog de Jeremy Coifman, Time of the Season, suite à une demande de sa part. Vous pouvez d’ailleurs retrouver d’autres témoignages sur ce lien : http://timeoftheseason.eastasia.fr/2014/09/29/lost-flashes-before-their-eyes-seconde-partie

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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