Platane – Saison 2

    Platane – Saison 2

    21029100_20130819143237339Pour beaucoup, Eric & Ramzy sont restés ces deux grands idiots qui amusaient plus ou moins la galerie, avant de se perdre au cinéma dans des films mauvais après la réussite de La Tour Montparnasse Infernale. Et puis, il y a eu la rencontre avec Quentin Dupieux, qui a su le mieux capter l’humour absurde du duo, avec l’excellent Steak. Ce film a marqué un tournant dans la carrière du duo. Ils ont d’ailleurs décidé par la suite de réaliser eux-mêmes leur propre film avec Seuls Two, plutôt que de se faire embarquer dans des productions françaises horribles. S’il n’était pas complètement réussi, il y avait dans ce film un entêtement remarquable et en même temps touchant dans cette conscience que le duo pouvait avoir d’eux-mêmes (seuls au monde). Peut-être pas un hasard si Eric Judor a poursuivi sa carrière à la télé plutôt qu’au cinéma où l’on ne voulait manifestement plus d’eux…

    Avec la première saison de Platane, Eric Judor joue ainsi brillamment de son image de déconneur. Il y interprète son propre rôle et tente de se démarquer de cette image, avec la volonté de réaliser un film « sérieux », La Môme 2.0. Dans cette saison 2, on retrouve un Eric Judor barbu dans le froid canadien. Là où la saison se montre intéressante, c’est qu’elle prend finalement le contrepied de la précédente en poussant le personnage à retourner vers le cinéma, et plus particulièrement vers la comédie qu’il tentait de fuir (on lui propose de tourner La Tour Montparnasse Infernale 2).

    L’esprit de Platane reste lui le même, rappelant toujours les univers de Ricky Gervais et de Larry David (Curb Your Enthousiasm). Et on ne va évidemment pas s’en plaindre, d’autant que c’est une nouvelle fois très drôle et qu’Eric Judor incarne à la perfection ce mythomane qui finit toujours par se retrouver dans des situations improbables. Malgré tout, cette saison deux apparaît plus inégal que la première. Elle met d’ailleurs un petit de temps à démarrer et certains épisodes se révèlent plus faibles que d’autres. La série fonctionne mieux lorsqu’elle joue sur le malaise des situations, moins quand elle pousse l’absurdité de ces dernières à leur paroxysme. Malgré tout la série se conclut formidablement (les trois derniers épisodes sont vraiment très bons), bien aidée par le retour de son pote relou, Flex et des guests stars qui eux aussi prennent plaisir à jouer avec leurs images (Jean Dujardin, Michel Hazanavicius).

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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