Sherlock – Saison 2 – BBC One

    Sherlock – Saison 2 – BBC One

    sher8C’est frustrant de n’avoir le droit qu’à trois épisodes et, en même temps, ça rend la série encore plus exceptionnelle (au sens de rare). Cette seconde saison s’inscrit quoiqu’il en soit dans la lignée de la précédente. Elle se montre même encore plus dramatique, sans pour autant mettre de côté son humour. On sent que les scénaristes se font plaisir en faisant de Sherlock un surhomme. Le genre de mec capable de te raconter toute ta vie simplement en te reluquant de la tête aux pieds (voir le premier épisode où une jeune femme se présente totalement nue devant le détective afin de le déstabiliser, moins par sa nudité que par le fait qu’il n’a rien à « analyser »).

    Il n’est d’ailleurs pas impossible de voir la série comme une sorte de parodie de toutes ses séries type Lie to me, The Mentalist et autres Unforgettable. C’est rarement le cas mais la parodie se montre ici bien meilleure que toutes ces séries auxquelles on pense. On le doit en partie grâce à des intrigues vraiment bien ficelées, remplies de rebondissements et coups de théâtre qui rendent chaque épisode passionnant. La durée de chacun d’eux (1h30) permet en effet de prendre le temps de développer de véritables enquêtes.

    Et si le pilote reste encore inégalé (mais pourront-ils faire mieux ?), l’ensemble de la saison s’avère plus riche. La figure héroïque de Sherlock y est remise en question et laisse transparaître une réflexion sur sa place dans la société. De manière générale, les personnages gagnent en profondeur et la présence de Moriarty apporte beaucoup (l’acteur est génial). Plus particulièrement, c’est le couple Sherlock-Watson qui bénéfice du plus beau traitement, et son ambiguïté y est encore plus marquée. Le couple se révèle surtout très émouvant dans la manière dont on assiste à deux êtres seuls qui (ré)apprennent à s’ouvrir au monde, à laisser transparaître leurs émotions (particulièrement pour Sherlock, dont la froideur apparente ne l’est jamais réellement). Et l’on a beau savoir que le final n’est qu’un leurre, ce qui s’y passe se révèle pas loin d’être bouleversant (le monologue de Watson). Car Sherlock est aussi, et avant tout, l’histoire d’une grande et belle amitié.

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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